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De l'emploi du temps

Note 87 — CHAPITRE XXI. Suite du précédent.

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De tous les hommes, les saints sont ceux qui doivent le mieux connoître le prix du temps, car ils le consacrent entièrement à la vertu et à l’humanité ; et c’est ce que prouvent tous les traits de leur vie. Saint-Charles Boromée, archevêque de Milan, afin de ne pas perdre un instant, ne mangeoit communément qu’en faisant ses courses journalières et bienfaisantes à pied et à cheval. On trouve une semblable activité dans l’histoire de tous les saints et même dans celle des pères du désert : les uns bâtissoient de petits hospices pour les voyageurs égarés ; d’autres cultivoient des jardins potagers dont ils portoient aux villes voisines les légumes et les fruits, pour les vendre au profit des pauvres ; d’autres encore faisoient des corbeilles et des paniers d’osier destinés au même usage. Le plus fameux désert étoit celui de Nitrie, peu distant de la ville de ce nom. Cette ville étoit continuellement affligée du fléau de la peste, alors tous les anachorètes se réunissoient, quittoient leurs déserts, et voloient à Nitrée pour y secourir et y garder les malades, que les parens et les domestiques abandonnoient entièrement à leurs soins. Quand la peste avoit cessé, les pieux cénobites retournoient dans leur solitude, devenue plus déserte que lorsqu’ils l’avoient quittée, car la peste leur enlevoit toujours un nombre plus ou moins grand de leurs frères, ce qui ne ralentit jamais leur zèle ! Il n’y a point de vie plus active que celle des curés, des ecclésiastiques, à la tête de plusieurs hôpitaux et des écoles d’éducation, ou chargés de missions en France et dans les pays étrangers, même dans les contrées les plus barbares !… Quelle activité dans les évêques, surveillant des diocèses et faisant distribuer aux pauvres des aumônes et de l’ouvrage ! Quel emploi du temps ! ainsi que celui de leurs vicaires !… Quels travaux que ceux des Frères, des Sœurs de la Charité et des Pères de la Trappe, travaillant tous les jours à la terre dans leurs jardins et dans les bois, et qui, non contens d’accorder l’hospitalité la plus généreuse, vont chercher, à trois ou quatre lieues à la ronde, de pauvres malades, pour leur porter des médicamens et toutes les consolations de la religion. Rien de moins oisif que les religieuses qui, toutes, travaillent tous les jours pour les églises, pour les pauvres, qui instruisent l’enfance et la jeunesse, et qui, en outre, soignent les infirmes qui se trouvent parmi elles avec une charité si exemplaire et si touchante ! etc., etc., etc.

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