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De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS DE L’AUTEUR DE L’ÉDITEUR ANGLAIS ET DU TRADUCTEUR

André Fontainas translation

Les notes prises à l’édition de M. Masson sont suivies de la lettre : (M).

« Note de l’Éditeur. — Nous remercions notre correspondant de sa communication, et aussi de la citation de Lactance qui se rapporte très bien à sa façon d’envisager le présent cas. La nôtre, nous le confessons, n’est pas la même. Nous ne pouvons supposer que le conférencier ait parlé sérieusement, pas plus qu’Érasme dans son Éloge de la Folie, ou que le Doyen Swift dans sa Proposition de manger les Enfants. Néanmoins, qu’on adopte sa façon de voir ou la nôtre, il convient également que cette conférence soit rendue publique. »

Il semble qu’il y ait eu, entre les éditeurs de la revue, désaccord sur le point de savoir s’il fallait recevoir un écrit d’une manière si horrifique, et sous un titre si horrifique. (M)

Berners-Street est une petite rue qui aboutit d’un côté dans Oxford-Street, à égale distance de Regent-Street et de Tottenham Court Road.

« Je crois que des mains violentes ont attenté à la vie de ce duc trois fois fameux ».

En apparence, le défi s’adresse à Warwick, mais réellement il a en vue le roi. La réponse de Warwick, l’argument sur lequel il se base, consiste en un solennel tableau de tous les changements opérés dans les traits du duc par la mort, changements qu’on ne peut concilier avec aucune autre hypothèse que celle d’une mort violente. Quel argument, que Gloucester soit mort par des mains d’assassin ? Eh bien, le déroulement suivant des changements terribles, affectant la tête, le visage, les narines, les yeux, les mains, etc… et qui ne proviennent pas indifféremment de tous les genres de mort, mais exclusivement d’une mort par violence :

Mais, voyez, son visage est noir et gonflé de sang ; Ses prunelles, plus saillantes que quand il vivait, Ont le regard fixe et sinistre d’un homme étranglé ; Ses cheveux sont dressés, ses narines dilatées par la convulsion ; Ses mains toutes tendues comme celles de quelqu’un qui s’est débattu Pour défendre sa vie, et qui a été réduit par la force. Regardez, ses cheveux sont collés aux draps ; Sa barbe si régulière est désordonnée et hérissée Comme le blé d’été couché par la tempête. Il est impossible qu’il n’ait pas été assassiné ; Le moindre de ces signes en fournirait la preuve.

Pour la logique de ceci n’oublions pas un seul instant que, pour avoir quelque valeur, ces signes et ces indices allégués doivent former un diagnostic rigoureux. La distinction cherchée est une distinction entre la mort naturelle et la mort violente. Tous les indices, par conséquent qui appartiennent également et indifféremment à l’une et à l’autre seraient équivoques, inutiles, et étrangers au but même voulu par Shakespeare. (Note de De Quincey.)

— Les passages cités ont été copiés par le traducteur sur la version de Shakespeare par François-Victor Hugo (tome XIII, pp. 129-130, édition Pagnerre).

(Au chapitre XI du Quart livre des faicts et dicts héroïques du noble Pantagruel composé par M. François Rabelais, Docteur en medecine et Calloier des Isles Hyères. L’An mil cinq cens quarante et huict suivant l’édition in-16 de Claude la Ville à Valence.)

On trouve encore une allusion à cette affaire dans le Markheim de R. L. Stevenson.

« Là, au pied de ce hêtre qui balance la tête, Et qui enroule ses vieilles racines fantastiques si haut, De toute sa nonchalante longueur il se serait étendu, Les yeux sur le ruisseau qui bouillonne auprès. »

Mais lorsque le peuple « les vit emmenés sous une garde, embarqués sur la rivière et conduits vers la tour, toute son affection pour la liberté, tout son zèle pour la religion, éclatèrent à la fois, et de toutes parts on le vit courir en foule à ce spectacle attendrissant. Les rives de la Tamise furent couvertes de spectateurs prosternés qui demandaient la bénédiction de leurs pasteurs, et qui imploraient la protection du ciel dans le danger dont leur religion et leur patrie étaient menacées. Les soldats, saisis de la contagion du même esprit, se jetèrent à genoux devant leurs prélats, et implorèrent la bénédiction des criminels dont on leur avait confié la garde. Quelques anglicans des plus zélés entrèrent dans l’eau, pour recevoir de plus près les bénédictions que ces illustres captifs distribuaient autour d’eux !… etc. » (David Hume, Hist. d’Angleterre.)

On peut juger si, après l’acquittement unanime des évêques, la joie fut grande : même dans le camp de Hounslow, où le roi en personne se trouvait, les soldats donnèrent les plus éclatantes marques d’une joie tumultueuse, sans se soucier de sa présence.

Chartres. — Imp. Garnier, rue du Grand-Cerf, 15.

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