APPENDIX (continued 3)
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L’armée des Pyrénées orientales qu’on espérait, au moyen des recrutemens, mettre en état de contenir au moins l’Espagnol, a essuyé presque consécutivement deux échecs qui compromettent la sûreté de cette partie de la frontière. Cette défaite n’est due qu’à la gendarmerie nationale; mais un exemple prompt et sévère mettra un terme à cette lâcheté ou à cette trahison.
Aux Alpes nous venons d’être menacés d’une attaque très prochaine exécutée par des forces très considérables, surtout dans la partie du Var, débouché par lequel l’ennemi peut menacer aussi Marseille et Toulon. Le comité de salut public a dû prendre la seule mesure qui était en son pouvoir; il a ordonné au général Kellerman, le seul qui eût une connaissance suffisante des points de défense et de nos moyens militaires dans cette partie, de s’y rendre avec la plus grande diligence, afin de prévenir, s’il est possible, les malheurs que le moindre retard pourrait amener. Le général de l’armée d’Italie a paru craindre que la cour de Naples ne vienne renforcer la coalition dans le midi. Mais le ministre des affaires étrangères vient de communiquer des dépêches qui détruisent ces nouvelles.
Kellerman s’est fait précéder par un courrier extraordinaire qui a porté à ses lieutenans les ordres préparatoires des opérations auxquelles l’ennemi peut le forcer. Ce général, investi de votre confiance et de celle des troupes, ne pouvait être remplacé. On vous avait annoncé d’abord qu’il se rendrait dans la Vendée; mais les avantages remportés un instant sur les révoltés, et la certitude de la prochaine arrivée de Biron dans les départemens révoltés, ont du faire changer la première destination de Kellerman. L’armée d’Italie a des subsistences assurées pour quelque temps. On a pris des mesures pour la mettre à l’abri de la disette.
Au Rhin, une action qui n’a servi qu’à la destruction des hommes, sans avancer les affaires d’aucun parti, y laisse les choses à peu près dans la même situation qu’auparavant, avec cette différence, que le changement de général qui a été en partie forcé, peut influer sur nos succès. Il est bon d’observer que nos armées dans cette partie se trouvent avoir en tête des forces les plus manœuvrières, et commandées par les généraux les plus accrédités de l’Europe.
Nos généraux, au contraire, portés au commandement pour la première fois, ne peuvent avoir la même habitude et les mêmes avantages que ceux auxquels les grands mouvemens de guerre sont familiers. Les approvisionnemens dans cette partie et les subsistances sont bien assurés.
Dans le Nord, notre situation est très alarmante, et la Convention doit connaître tous ces maux; elle a besoin d’être instruite par le malheur, et de sentir les tristes effets de ses divisions.
Notre armée, repoussée entre Combrai et Bouchain, quittant son camp de Famars pour prendre plus loin celui de Coefar, abandonnant à leurs propres forces Condé et Valenciennes, perdant ses communications avec Douay et Lille d’un côté, et de l’autre avec Maubeuge et le Quesnoy, est exposée à de nouveaux revers, si la présence du général Custine, qui a dû y arriver le 25, ne lui rend pas la discipline qui lui manque et la confiance sans laquelle il n’est point de succès à obtenir dans la guerre.
Si les efforts de ce général ne sont pas promptement secondés par l’union des représentans du peuple, la Convention doit s’attendre à tomber dans une situation plus embarrassante qu’au moment où, pendant la dernière campagne, les esclaves allemands entraient en Champagne, et menaçaient Paris et la liberté. Alors d’heureux hasards, ou plutôt cette destinée qui semble conduire la France, ont disparaître des dangers aussi imminens; mais doit-on compter sur une nouvelle faveur de l’aveugle fortune? ne devons-nous pas craindre une nouvelle invasion, et pouvons-nous nous flatter que toutes nos villes imiteront le généreux dévouement de celle de Maubeuge, qui nous écrit le 26 de ce mois:—“Ici on bat la générale dans cet instant: on a envoyé une partie de notre garnison dans la Vendée; nous restons; nous déjouerons nos ennemis extérieurs et intérieurs, ou nous mourrons libres. La ville sautera si nos murs abattus permettent à l’ennemi de souiller notre enceinte.”
Quant aux besoins de cette armée du Nord, peut-être croira-t-on difficilement que, malgré toutes nos dépenses, la demande qui vient d’être faite au comité, qui a été arrêtée par le commissaire général de l’armée du Nord, et visée par les commissaires de la Convention, monte à la somme de 49 millions.
L’armée qui doit anéantir les révoltés s’organise; il arrive un grand nombre de bataillons à Tours; les postes de la rive droite de la Loire se renforcent, et l’on fait défiler des troupes en poste. Si les rebelles menacent cette rive, ils sont hors d’état d’exécuter ce project; leurs forces ce divisent, mais ils rentrent dans les pays couverts. Les principaux chefs des révoltés sont subordonnés aux prêtres; c’est une véritable croisade; mais les habitans des campagnes commencent à se lasser de cette horrible guerre, et murmurent.
D’un autre côté, on nous écrit qu’il est parti, depuis notre dernier succès, un courier de Bruxelles à Londres, pour engager le cabinet de Saint-James à accélérer un armament tendant à porter sur les côtes de Bretagne des troupes, des armes, des munitions, et à vomir sur nos rivages un corps considérable d’émigrés de Jersey et Guernsey.
Le transfuge Condé a envoyé à Jersey tous les émigrés bretons pour être déposés sur nos côtes et y seconder un des rejetons de la famille de nos tyrans.
On se plaignait presque partout des commissaires des guerres ce corps essentiel des armées va être changé, amélioré sur de nouvelles bases et épuré par des choix patriotiques.
Quant à la suppression de la paie en numéraire, toutes les armées de la République l’ont reçue sans peine; ils sacrifient à chaque instant leur vie à la liberté, comment s’occuperaient-il d’intérêts pécuniaires? mais aussi ils ont droit à plus de surveillance pour les approvisionemens et pour les subsistances. Quelques compagnies de l’armée d’Italie seulement ont montré de la résistance; mais les agitateurs seront déjoués par la surveillance qui y a été établie, et par les soins de vos commissaires.
Dans le choix des officiers généraux, nous avons dû quelquefois obéir aux défiances populaires et aux dénonciations individuelles; mais c’est là un des maux attachés à la révolution, qui use beaucoup d’hommes, qui en éloigne un plus grand nombre, et qui présente plus d’accusations que de ressources. Sans doute après les odieuses trahisons qui ont affligé et qui affligent encore la république et désorganisé deux fois les armées, on peut, on doit même devenir défiant et soupçonneux; mais la ligne qui sépare la défiance et la calomnie, est trop facile à dépasser; et si la dénonciation juste est une action civique, l’accusation intéressée est la honte de nos mœurs et la ressource de la haine....
Le comité, pour ne rien négliger dans cette terrible partie de la guerre, a interrogé des militaires instruits; il s’est environné de leur expérience pour faire un plan de guerre auquel se rattacheraient des plans de campagne pour chacune des armées. Jusqu’à présent la guerre de la liberté a été faite sans plans, sans suite, sans prévoyance même; il est plus que temps de tracer les limites dans lesquelles la guerre sera soutenue, dans quelle partie elle sera défensive, dans quelle autre elle sera offensive, assigner à chaque armée la portion de frontières qu’elle a à défendre, les points des ennemis qu’elle doit attaquer ou couvrir.
In what follows regarding the Navy, we see the attempt of the Committee, which we know was foredoomed to failure, but which was a fine one, to meet the English Power. The “error,” as English critics have called it, of rapidly putting in new officers was an unfortunate necessity.
DE LA MARINE.
Ici nous devons accuser ce système perfide de Bertrand et de ses semblables, qui, depuis plusieurs années, semblait préparer, de concert avec l’Angleterre, l’abaissement de la France, et assurer à nos plus constans ennemis l’empire des mers.... C’est par la réunion des forces navales, que nos ennemis out espéré d’attaquer plus sûrement notre indépendance, et de nous dicter de lois. Quoique par cette coalition l’on ait tenté aveuglement de faire passer la balance du pouvoir à une nation maritime, déjà trop puissante pour l’intérêt du continent; ... quoique, par la désorganisation passagère de notre marine, par le dénuement de nos ports, par le ralentissement des travaux, on ait espéré de changer la destinée de la république française, ne craignons pas que l’on parvienne à faire rétrograder la plus belle des révolutions.
La surveillance constante du comité, le zèle du ministre, et le dévouement de l’armée navale qui se forme, feront oublier tant de trahisons ou de négligences, mais les moyens ne peuvent être que lents.
Des expéditions hardies, et confiées à des hommes courageux sont préparées; les plaintes du commerce ont été enfin entendues d’après le dernier rapport du ministre, le cabotage va être protégé dans l’Océan par 34 canonnières, 12 corvettes, 18 lougres, cutters ou avisos, et dans la Méditerranée, par 18 corvettes, ou cannonières et 5 avisos, indépendamment des frégates dont il est inutile de faire connaître le nombre et les stations, sans trahir les intérêts de la défense de la république....
Il existe beaucoup d’officiers capables; l’abaissement des vains préjugés qui séparaient l’armée commerciale de l’armée navale, nous assure des ressources, mais il faut les surveiller et punir sévèrement la désobéissance ou la malversation; avant de choisir les officiers, examen et impartialité; après le choix, confiance entière, mais responsabilité impérieuse. Le secret accompagnera nos opérations, si les inquiétudes du commerçant ou les soupçons du zèle patriotique ne viennent pas les altérer ou les contrarier; les corps civils ne doivent pas s’immiscer dans le secret des opérations navales, ou bien nos ennemis le sauront bientôt, et nous vaincrons sans nous laisser sortir de nos ports.
Le comité s’occupe des lois répressives que la discipline navale réclame avec plus d’intérêt que jamais. Une grande force s’organise dans les ports de la Méditerranée, qui par notre position, doit être le canal de navigation du commerce français....
On s’occupe des moyens les plus propres à retirer les colonies de l’état malheureux où elles se trouvent, depuis qu’une cour perfide voulait faire la contre-révolution en France, par les malheurs de l’Amérique; et si, à côté de nous, des Français veulent se rappeler qu’ils descendant de Guillaume, tous les calculs de la politique insulaire pourront être dérangés.
Le comité ne peut vous offrir aucun résultat précis et détaillé dans ce moment; il serait même impolitique de la publier. Mais tout se prépare, et quoique les forces de la république soient très inférieures à celles des ennemis coalisés, le patriotisme les dirigera de manière à rappeler le courage des filibustiers, et les exploits des Bart et des Dugay-Trouin....
In foreign affairs we have the Dantonesque idea of pitting the Powers against one another, which, unfortunately for France, fanatics who were in power later abandoned. The remark on the impolitic nature of the decree of the 19th of December should be specially noted: it comes direct from Danton.
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.
... Le ministère anglais est forcé, malgré son influence et son orgueil avare, de voir Dantzick passer au pouvoir de la Prusse, sans réclamation; de voir la Pologne, se partager sans sa participation; et de se compromettre vis-à-vis la morale et l’esprit public de la nation anglaise. Aussi l’intrigant Pitt, qui ne peut se dissimuler que le ministre qui fait la guerre, traite rarement de la paix, surtout chez une nation éclairée et trompée sur cette guerre par l’astuce profonde de son gouvernement, ne cesse d’invoquer sans cesse auprès de la ligne, la cause générale des cours....
Le comité a cherché à resserrer le lien qui attache déjà, par les relations commerciales, le peuple suisse et le peuple français; et l’ambassadeur que la Suisse a reçu suit constamment le vœu témoigné par la Convention nationale, de s’allier avec les gouvernemens justes et les peuples libres.
Nous apprenons que les peuples neutres et amis reçoivent avec reconnaissance le décret du 15 avril, qui eut servi plus utilement la liberté, s’il eut été d’une date plus reculée, et si le décret impolitique du 19 décembre n’eût pas donné un nouveau prétexte à la perfidie des cours étrangères.
Ce décret par lequel vous aviez déclaré que la France ne souffrirait jamais qu’aucune puissance semélât de sa constitution et de son gouvernement, et qu’à son tour, elle ne s’immiscerait en rien sur les autres gouvernemens; ce décret a augmenté subitement le nombre de nos partisans dans la Suisse; et le témoignage d’un peuple simple et libre a son prix auprès des républicains.
Des négociations d’alliance ne sont plus des chimères pour la France libre. Il est des puissances qui ont senti que l’élévation ou la ruine d’une nation intéressent toutes les autres et que celles même qui sont le plus éloignées du théâtre de la guerre, sont souvent les victimes de leur modération ou de leur indifférence. Il est des alliés pour leur propre sûreté, peuvent soutenir nos intérêts, avec autant de chaleur que de bonne foi. Il est d’autres alliances que la politique doit vous assurer, et d’autres qui seront dues en grande partie à votre état républicain; votre commerce ne peut que s’en féliciter.
L’Italie voit avec intérêt le signe de la République arboré dans ses villes, si j’excepte les villes gouvernées encore par un prêtre et par la maison d’Autriche....
Nous apprenons que la Russie a fait faire à la Porte la demande officielle du passage d’une flotte, menaçant de regarder le refus qu’on pourrait lui en faire comme une déclaration de guerre. La réponse a été dilatoire et sera négative; les usurpations de la Russie trouveront enfin des bornes. C’est à la politique européenne à aider le maître des Dardanelles à les poser....
Une suite de coalisation faite contre la France, avait jeté des obstacles à l’arrivée des chebecs à Alger. On voulait encore vous aliéner cette puissance, amie de la République; mais nous recevons la nouvelle que le dey a reçu, avec le plus vif intérêt, les deux chebecs que la République lui a renvoyés, et qu’il a témoigné les dispositions les plus favorables à la France....
There follows the French criticism of the Alien Bill.
Un bill infâme, qui insulte à l’humanité et aux droits des nations, a été promulgué par le gouvernement anglais, et traduit en espagnol à Madrid et dans les villes hanséatiques, par les intrigues de l’ambassadeur anglais. Ce bill, dont la haine pour la convention a dicté les clauses horribles contre les Français, vous portera sans doute à user du droit de représailles. Le comité vous fera un rapport sur cet objet, ainsi que sur les diverses mesures à prendre contre la gouvernement anglais. Des agens nombreux sont disséminés dans l’Europe, pour connaître les complots de nos ennemis au dedans et au dehors, et pour s’assurer des véritables amis de la république.
Il résulte enfin, de toutes nos relations, que Dumouriez et ses aides-de-camp, chassés du Stoutgard, n’ont pas reçu un meilleur accueil à Vursbourg, par ordre de l’électeur, quoique évêque. Ainsi, les traîtres ne trouvent pas d’asyle même chez les despotes à qui ils se sacrifient.
Matters concerning the Interior are comparatively vague, for here the Committee wished to compromise with the Gironde; but they are strong against civil war.
DE L’INTÉRIEUR.
... Quant aux approvisionnemens des armées et de la marine, les commissaires éprouvent des obstacles, en ne pouvant, d’après le dernier décret, acheter que dans les marchés.
Le comité s’est occupé ensuite de sonder la plaie et de connaître la source de toutes les agitations qui tourmentent la république.
Ici des vérités doivent nous être déclarées; car, vous êtes sur le bord d’un abyme profond, et la Convention Nationale, au milieu de ses divisions, a oublié qu’elle marchait entre deux écueils, et qu’elle était conduite par l’aveugle anarchie.
D’un côté, l’exécrable plan de la guerre civile, secondé par l’Anglais, et sans doute dirigée de Londres, de Rome et par des agens correspondans à Paris, étendait ses ramifications sur toute la France, et principalement dans les pays qui étaient, depuis la révolution, infestés de fanatisme, ou qui avaient été le théâtre des troubles fanatiques et des complots contre-révolutionnaires.
D’un autre côté, une alarme générale s’est répandue parmi les propriétaires d’un territoire de vingt-sept mil de lieues quarrées, et ces craintes ont eu pour base des motions exagérées, des journaux feuillantisés et des propos sauguinaires; le mécontentement né de nos discussions personnelles a altéré la confiance, mais vous êtes nécessaires: les aristocrates, redoutant les passions des patriotes, ont excité les hommes énergiques contre les modérés auxquels ils se rattachent sourdement; ils ont préparé des mouvemens contraires....
Marseille, Bordeaux, Lyon, Rouen, prenez garde, la liberté vous observe sur votre marche dans la révolution; elle ne vous croira jamais contraire à ses vues; mais craignez d’être stationnaires dans le mouvement de l’opinion publique; écrasez avec nous les révoltés, les anarchistes et les brigands; mais aussi craignez le modérantisme et les intrigues de l’aristocratie qui veut vous effrayer sur les propriétés et sur le commerce, pour vous redonner des nobles, des prêtres et un roi....
Au moment où le comité a été formé, presque partout les administrations trop faibles ou trop au dessous des circonstances se ressentaient de l’influence meurtrière des passions particulières qui y correspondaient...
A Lyon, l’aristocratie a un foyer plus profond qu’on ne peut le penser; elle est secondée par l’égoïsme et l’indifférence....
Mais les campagnes et les villes de department de Rhône et Loire, surtout Villefranche, présente un autre esprit, et là surtout paraissent ces signes heureux, là sont entendues ces acclamations énergiques qui caractérisent le patriotisme.
A Marseille où tout annonce l’ardeur républicaine, à Marseille où l’on voit presque à chaque pas un arbre de la liberté ou une inscription civique, à Marseille où le pain, égal pour tout et de mauvaise qualité, se vend sept sols la livre, cette calamité est supportée sans murmurer, où l’on entend des plaintes contre les traîtres, les égoïstes, les intrigans; où les seuls malheurs dont on soit afflige sont ceux qui frappent la République entière, Marseille a éprouvé des convulsions violentes; mais si la répression de quelques excès de la démagogie a fait craindre à de bons citoyens que le modérantisme ne prévalût, le républicanisme n’en triomphera pas moins des passions individuelles. Croyons que cette grande cité ne dégénérera pas de sa renommée.
Nous avons à gémir sur des excès commis à Avignon et à Aix; ce qui s’est passé d’irrégulier à Toulon, relativement aux officiers de la marine, vous sera rapporté quand le comité aura fait le travail de cette partie.
Le meilleur esprit règne dans ce moment à Perpignan; la vieille antipathie nationale contre l’Espagnol, y réchauffé l’esprit républicain que le département des Pyrénées orientales avait déjà montré avec tant d’énergie le 21 Juin 1791.
Bayonne se rattache aux bons principes. Les trahisons lui ont donné de l’énergie; mais si cette place est dans ce moment menacée de près par l’ennemi, le zèle des républicains méridionaux la défendra contre les ennemis du dedans et du dehors.
Bordeaux ne cesse de fournir à la liberté et a ses armées des trésors et des soldats; elle va défendre en même temps les Pyrénées et les Deux-Sèvres.
Les intentions manifestées à Nantes ne se ressentent pas assez de l’enthousiasme civique qui doit animer dans ce moment tous les citoyens. Ses moyens auraient pu être plus efficaces; il y a du mécontentement et des craintes sur les effets des divisions intestines.
A Orléans, l’esprit public s’améliore, depuis que l’aristocratie a été frappée par la loi révolutionnaire; mais cette ville a le droit d’obtenir que les procédures faites par les commissaires soient bientôt jugées, les coupables punis et les bons citoyens rassurés.
Dans le département de l’Allier, une correspondance interceptée a fait découvrir des traînes contre la liberté, elles étaient ourdies par des prêtres déportés, de concert avec leurs agens à Moulins. Les corps administratifs, qui vivent dans la plus heureuse harmonie, ont mis en lieu de sûreté les ci-devant que leur conduite avait rendus suspects et les y font garder avec soin et humanité, jusqu’à ce que la République n’ait plus rien à craindre de ses ennemis intérieurs et de ces enfans dénaturés. Le peuple a partout applaudi à cette énergie de ses magistrats, et il les a secourus, parce que le peuple veut franchement la liberté.
A Roanne, le modérantisme est réduit en système, et dans la crise où nous sommes, cette apathie politique est le plus grand fléau de la République, qui ne peut s’établir que par le développement de toute l’énergie nationale.
A Tain, dans le département de la Drôme, des patriotes, que n’étaient qu’aisés dans leur fortune (le patriotisme se trouve rarement avec la fortune), se sont cotisés, et, de concert avec le Maire, ont fait, sans y être contraints par la loi, mais par amour pour la patrie, une cotisation, dont le produit a été employé à fournir du pain à un prix modéré, pour les citoyens peu fortunés. C’est ainsi que dans les provinces méridionales, les mœurs et l’humanité font plus que les lois et le cœur des riches dans les grandes cités....
A Tours, l’administration d’Indre et Loire, apprenant que les ennemis étaient à Loudun, et marchaient à Chinon, a pris la résolution, par un mouvement civique et spontané, de se transporter toute entière au milieu des dangers qui les menaçaient, et décidée à s’ensevelir sous les ruines de la ville, plutôt que de se rendre. Une commission y est restée. Loudun a demeuré sans défense. Quelques aristocrates en ont été heureusement chassés.
Poitiers, trop influencé par des fanatiques et par des hommes de l’ancien régime, peut donner des espérances aux révoltés, et déjà l’administration nous a fait craindre le résultat du mauvais esprit d’une partie de ses habitans, malgré l’énergie connue des patriotes qu’elle renferme.
Paris qu’on accuse sans cesse, qu’on agite presque toujours, tantôt par des crimes, tantôt par des intrigues, tantôt par des passions personnelles, tantôt par des intérêts secrets et étrangers, et plus souvent encore par l’action prolongée ou l’exaltation des passions révolutionnaires; Paris, réceptacle de tant d’étrangers, de tant de conspirateurs, doit attirer vos regards.
The following passage on the Commune of Paris is noteworthy for its non-committal character, in keeping with the attempt to get rid of the Gironde, if possible, without an insurrection.
Vous devez contenir le conseil général de la commune de Paris dans les limites que l’unité et l’indivisibilité de la République exigent et que la loi lui prescrit. C’est à vous qu’il appartient seul de dominer toutes les ambitions politiques, de détruire toutes les usurpations législatives; c’est à vous de répondre à la France du dépôt de pouvoir qui vous a été religieusement confié.
Vous devez aviser aux movemens inégaux et anarchiques que des intrigans font passer dans plusieurs sections peuplées de bons citoyens, et aux mouvemens aristocratiques qu’on pourrait cependant leur communiquer.
Vous devez surveiller également le moderantisme qui paralyse tout et prépare la perte de la liberté, et les excès le la démagogie dont les émigrés et les ambitieux, déguisés parmi nous, tiennent le secret et le prix journalier.
L’esprit des habitans de Paris est bon, malgré les vices de l’égoïsme, de l’avarice et de l’apathie d’un certain nombre de ses habitans. L’amour de la liberté, qu’on a voulu tant de fois y neutraliser, sort victorieux de toutes les épreuves; et nous pensons que Paris n’appartiendra jamais qu’à la liberté; Paris qui à détruit le trône, ne souffrira pas qu’aucune autorité usurpe le pouvoir national, qui est la propriété de tous, et qui est le véritable lieu de tous les départemens.
Malgré toutes les intrigues par lesquelles on a cherché à empêcher Paris de prononcer son patriotisme en marchant contre les révoltés, chaque section a fourni ou s’occupe de fournir son contingent pour former douze ou quatorze bataillons de mille hommes....
I quote certain portions which show the fear of the Committee, so often justified, with regard to foreign intrigue.
FINANCES.
Il a agioté le numéraire pour avilir l’assignat; il a fait hausser les changes, par ses opérations à la bourse.
DISSENTIONS CIVILES.
Il a alimenté le fanatisme de la Vendée; il a fourni des hommes, des armes et des munitions.[166]
ROYALISME.
C’est l’anglais, qui a combiné les regrets et ravivé les espérances, par l’excès du républicanisme qu’il a fomenté, par les motions des lois agraires, dont il cherchait ensuite à faire imputer les projets à des patriotes connus....
GÉNÉRAUX.
Celui qui avait acheté Arnold en Amérique, a acheté Dumouriez en Europe, et il a dû traiter de même les militaires qui n’aiment pas la république....
DE L’ORGANISATION SOCIALE.
L’anglais a semé l’effroi dans l’âme des propriétaires par des motions sur les partages des terres, et dans le cœur des commerçans par le pillage des magasins....
L’anglais a imaginé de la bloquer, de l’affamer, de l’incendier dans ses ports, dans ses édifices publics; de détruire son industrie; il armé tour à tour l’aristocrate contre le patriote, et le patriote contre l’aristocrate; enfin, le peuple contre le peuple, espérant que le spectacle de nos troubles ôtera au peuple anglais le courage de détruire chez lui le despotisme royal.
PERTE DE PARIS.
C’est au cœur que les assassins frappent; c’est sur les capitales que les conquérans dirigent leurs coups. On ne pouvait perdre Paris par les armés; on a voulu perdre Paris par les départemens; on y a semé dès terreurs pour le ruiner par la fuite des propriétaires et des riches; on a semé des idées de suprématie, pour séparer, pour isoler les départemens de Paris.
The danger of civil war and vigorous methods for meeting it are the subject of the passages that follow.
DIVISION DU TERRITOIRE.
L’anglais enfin a espéré diviser la France pour la morceler ou la ruiner. Dans son délire, il a espéré de voir une monarchie impuissante s’établir dans le nord, et des républiques misérables et divisées se former dans le midi.
J’ai dévoilé le gouvernement britannique; il n’est plus à craindre.
Dans un très grand nombre de départemens on a procédé à la réclusion des personnes notoirement suspectes d’incivisme et soupçonnées d’entretenir des intelligences avec les émigrés et les contre-révolutionnaires. On en accuse généralement les prêtres et les moines, les émigrés rentrés impunément sur notre territoire, et les correspondants qui les soutenaient de leurs fortunes et de leurs espérances.
On a dû prendre des mesures sévères, alors que tous les aristocrates correspondaient à la Vendée, et que des lettres interceptées annonçaient un rassemblement à Nantes.
Des arrestations nombreuses ont dû être la suite de ces méfiances, de ces trahisons disséminées dans toute la France; l’autorité, dans les temps de révolution, a plus d’yeux et de bras que d’entrailles; mais le législateur doit à tous les citoyens cette justice exacte qui vient régulariser les premiers mouvemens et faire statuer sur la liberté individuelle avec les précautions que les circonstances peuvent admettre. Vous devez abattre également toutes les aristocraties et toutes les tyrannies; vous devez approuver vos commissaires s’ils ont bien fait, les blâmer et les punir s’ils ont violé les droits des citoyens. Le comité pense que le comité de législation et de sûreté générale doivent proposer incessamment une loi qui règle le mode de jugement de la légitimité de ces arrestations, et qui renvoie aux tribunaux les coupables ou laissât en réclusion ceux qui ne sont que notoirement suspects.
Le département de l’Ain voit l’esprit public se rétablir parmises habitans.
La conspiration qui a éclaté dans l’Ouest semblait se montrer dans les départemens de l’Ardèche, du Gard, de la Haute Loire et du Cantal; mais les administrateurs et vos commissaires sont parvenus à les réprimer. Ces troubles de la Lozère ont un caractère plus fort; mais le patriotisme de ce département et de ses voisins y mettra bientôt un terme.
Les tribunaux ont sévi contre les coupables; nous avions craint que vos commissaires n’eussent dépassé leurs pouvoirs dans le département de l’Ardèche, et nous les aurions déféré à votre sévère justice pour donner l’exemple de la punition de ceux qu’on affecte d’appeler des proconsuls, pour empêcher le bien qu’ils peuvent faire ou en empoisonner les résultats; mais un décret avait déjà mis hors de la loi les coupables complices de Defaillant.
La trahison de Dumouriez que tout annonce avoir eu des branches très étendus, a été un trait de lumière; elle a frappé es administrations et les citoyens d’un coup électrique. Tous nos moyens ont centuplé par cet évènement destiné à les paralyser; mais de tous les maux préparés insensiblement dans les départemens frontières comme dans le centre, comme au milieu de nous le plus grand, le plus effrayant par ses progrès, est la marche imprévue des contre-révolutionnaires nobiliares, sacerdotaux et émigrés qui, du fond de la Vendée et du Morbihan remontent la Loire, menacent nos cités de l’intérieur, et emploient à la fois, des moyens de terreur et de persuasion....
Les révoltés ont plusieurs corps de rassemblement. Le principe qui s’était porté a Thouars, était, suivant les uns, de quinze mille suivant la dernière relation envoyée par un de nos commissaires, il était de vingt à vingt-cinq mille hommes armés, partie de piques, partie de fusils; ils traînent avec eux, treize pièces de canon, selon les uns, et d’après le dernier succès de Thouars, trente pièces d’artillerie.
Ils sont commandés par des ci-devant nobles et accompagnés par des prêtres; toutes leurs femmes leur servent d’espions; ils se battent pour des fiefs et des prières. Les agriculteurs fanatiques combattent avec fureur et ne pillent pas; ils composent la moitié de la troupe.
Un quart est composé de gardes-chasses, d’échappés des galères et de faux sauniers. Ils pillent, dévastent, égorgent, et sont bien dignes de leurs chefs.
L’autre quart est formé d’hommes pusillanimes ou indifférens, que la violence force de marcher, mais qui, à la première défaite des brigands, se retireraient, et forment, pour ainsi dire, la propriété du premier occupant. C’est à la liberté de s’en emparer par des succès.
Il n’y a que les émigrés, les ci-devant, et les prêtres qui voudraient mettre de l’ordre dans les rassemblemens, et de la tactique dans cette guerre. Ils paient, les rebelles deux tiers en numéraire.
Les chefs connus sont les ci-devant de Leseur, Laroche-Jacquelin, Beauchamp, Langrenière, Delbecq, Baudré-de-Brochin, Debouillé-Loret, un abbé appelé Larivière. Domengé est colonel-général de la cavalerie; Demenens et Delbecq commandent l’armée catholique-royale.
Le comité a pourvu journellement par des arrêtés pressans, à ce que cette guerre intestine fût efficacement comprimée....
Déjà l’armée s’organise à Tours; une commission centrale est établie à Saumur; déjà des troupes de ligne ont dépassé Paris pour s’y rendre, et le renfort considérable que le comité avait requis, est en route pour s’y rendre. Les voitures des riches, les équipages du luxe, auront du moins servi une fois à la défense de la patrie et de la liberté. Une armée est dirigée en poste sur les rives de la Loire. C’est ainsi qu’un des plus fameux guerrieurs du nord alla écraser en 1757 les autrichiens à la bataille de Liffa ou Leuten, avec une armée arrivée en poste sur le champ de bataille....
Le comité prépare un rapport sur les agens périodiques de l’opinion publique, et sur les arrêtés violateurs de la liberté de la presse.
Tel est le tableau de l’intérieur de la république, d’après les rapports et la correspondance des commissaires et des corps administratifs. Nous devons le terminer par une réflexion sur les commissaires, dont on cherche trop à effrayer les citoyens, et même plusieurs membres de la convention....
The influence of Cambon is apparent in what follows.
DES CONTRIBUTIONS PUBLIQUES.
Quant aux contributions, rien ne prouve mieux le désir de voir fonder la République, et de voir renaître l’ordre social le paiement des impositions, au milieu des ruines et de débris de l’ancien gouvernement; s’il y a de l’arriéré, ce n’est que par les fautes des administrations qui n’ont pas encore terminé la confection des rôles; quelques-unes ont arrêté tout envoi de fonds. Mais un moyen de salut public, appartient à cette partie de l’administration, c’est de vous occuper sans relâche, des lois concernant les contributions publiques, de l’accélération de la vente des biens d’émigrés, et des maisons ci-devant royales, objets qui semblent encore attendre leurs anciens et coupables possesseurs; et des moyens de retirer de la circulation, une certaine masse d’assignats. Vous devez cette loi au peuple, qui a vu s’augmenter par une progression effrayante et ruineuse, le prix des subsistances; vous le devez à tous les créanciers de la République et à tous ceux qu’elle salarie, afin de rétablir la balance rompu trop rapidement, par la masse énorme de cette monnaie. La portion du peuple qui mérite avant toutes les autres l’attention de ses représentants, est celle qui souffre tous les jours au surhaussement du prix des denrées.
Les contributions indirectes, perçues au milieu des mouvemens de la révolution, et des défiances semées sur son succès, par des mécontens et des ennemis publics, alimentent abondamment le trésor national. Déjà dans les trois derniers mois de Janvier, Février et Mars, la perception des impôts indirects excède de plusieurs millions l’estimation qui en a été faite. Le total des trois mois, se porte a 52,182,468 livres en y comprenant 5,400,000 livres, de l’adjudication des bois. Que serace dans un temps de paix et de prospérité? Quelle confiance la République doit avoir de ses forces et de ses moyens?
Nous avons vu avec regret, parmi les produits de l’imposition indirecte, des droits qui devraient être inconnus à des peuples libres, des droits de bâtardise et de déshérence, et que les sauvages de l’Amérique repousseraient.
From henceforward Danton’s hand is apparent throughout the report. Some matters on the Constitution and on Public Construction, which have little to do with the insurrection of June 2nd, have been omitted, but the Dantonian policy of framing a constitution which should reconcile enemies is printed in full.
DES COLONIES.
Nous ne disons encore rien des colonies, quoique nous ayons reçu des mémoires et des vues sur cet objet important et malheureux, d’où dépend la prospérité publique, et l’agrandissement de la marine française. Peut-être eût-il mieux valu de ne pas plus parler dans les assemblées nationales, des colonies que de la religion, jusqu’à ce que la révolution du continent eût été à son terme. Perfectionner dans ces contrées lointaines le commissariat civil, adoucir les effets du régime militaire, détruire insensiblement le préjugé des couleurs, améliorer par des vues sages et des moyens progressifs le sort de l’espèce humaine dans ces climats avares, etait peut-être la mesure la plus convenable; mais la révolution a fait des progrès terribles sous ce soleil brûlant. Saint-Domingue est aussi malheureux que les îles des vents sont redevenues fidèles, et ses malheurs ne paraissent pas rès de leur terme.
On examinera un jour s’il est des moyens de rattacher les colonies à la France, par leur propre intérêt, c’est-à-dire, par la franchise absolue de leur commerce avec nous, et une disposition générale des droits perçus sur le commerce étranger, dans ces mêmes colonies. De pareilles lois qui nous défendraient mieux que des escadres, demandent d’être méditées.
Cette partie de l’intérêt national, doit être traitée séparément et avec une forte sagesse; le comité est chargé de préparer en attendant ce rapport, des mesures propres à diminuer les maux que cette belle colonie souffre encore.
DE LA FORCE PUBLIQUE DE L’INTÉRIEUR.
Elle se ressent partout de l’anarchie que règne. Là, elle délibère; ici, elle agit au gré des passions. Disséminée dans toutes les sections de l’empire, elle semble avoir une versatilité de principes et d’actions, qui peut effrayer la liberté. Dans une ville, les citoyens riches et les égoïstes, se font remplacer; défendre ses foyers, semble être encore une corvée plutôt qu’un honneur, une charge plutôt qu’un droit. Dans une autre cité, le service public frappe des artisans peu aisés ou des ouvriers, qui ont besoin du repos de la nuit, pour le travail qui alimente leur famille, il est plus que temps d’effacer ces lignes de démarcation intolérable dans un régime libre. La nature seule a décrit des différences; elle est dans les âges; les jeunes citoyens depuis seize ans jusqu’à 25, sont les premiers que la patrie appelle; moins occupés et plus disponibles, c’est à eux de voler aux premiers dangers. Cette première force est-elle insuffisante (car il ne faut pas penser à la défection) l’autre âge plus fort et plus sage, présente à la société ses moyens, c’est l’âge de 25 à 35; la troisième classe sera de 35 à 45; la dernière réquisition doit frapper tout ce qui peut porter les armes. Alors, la société appelle à son secours, tous ceux qui partagent la souveraineté; une exception favorable se présente pour les pères nourrissant leur famille du produit de leur travail. Une exception contraire doit frapper les célibataires et les hommes veufs sans enfans.
C’est à la législation et à la morale à flétrir ceux qui ne paient cette dette ni à la nature ni à la République.
C’est ainsi qu’il convient aux Français, d’organiser le droit de réquisition. Cet exemple est sorti des besoins de la liberté, dans les terres américaines. La réquisition est l’appel de la patrie aux citoyens; cet appel peut être fait par les généraux, quand la loi le leur a confié momentanément, et dans les cas de guerre; cet appel peut être fait par le pouvoir civil dans toutes les autorités constituées, et encore plus par les assemblées nationales, qui sont à la fois pouvoir civil, législatif et national.
Le comité a pensé qu’il devait présenter un mode uniforme, de requérir la force publique dans toutes les parties de la République, et de la part de toutes les autorités, afin que chaque fonctionnaire et chaque citoyen, connaisse l’étendue de son pouvoir ou de son obligation....
D’ailleurs, on trouverait plusieurs avantages à borner ainsi la constitution aux articles nécessaires.
(1ᵒ) Une plus grande espérance qu’elle sera acceptée par le peuple.
(2ᵒ) Une plus grande espérance encore que les citoyens ne demanderont point si promptement, une réforme de la constitution.
(3ᵒ) On détruirait par cette seule résolution, même avant que la constitution fût faite, une partie des espérances de nos ennemis, parce qu’alors, ils commenceraient à croire que la Convention donnera une constitution à la France, ce que jusqu’à présent ils ne croient pas.
En effet, il est difficile de ce tromper dans des articles généraux importants, sur ce qui convient véritablement à la nation française, et l’on n’a pas à craindre ces difficultés, cette presqu’ impossibilité d’exécution qui, si on se livre aux détails, pourraient faire désirer la réforme d’une constitution, d’ailleurs bien combinée.
On pourrait donc proposer de borner la constitution à ces articles essentiels, dans le nombre desquels on sent que doit être compris le mode de réformer la constitution, lorsqu’elle cessera de paraître, à la majorité des citoyens, suffisante pour le maintien de leurs droits; et si l’assemblée adoptait cet avis, elle chargerait quatre ou cinq de ses membres, adjoints au comité de salut public de lui présenter un plan de constitution, borné à ces seuls articles, et combiné de manière que ces articles puissent être soumis immédiatement à la discussion.
Le travail de ce comité ne prendrait qu’une semaine, et l’assemblée pourrait suivre ses discussions sur la constitution, car rien ne serait plus facile que de placer dans ce plan, les points déjà arrêtés par la Convention.
Ce travail même serait utile, quand même l’assemblée voudrait se livrer ensuite à plus de details:
(1ᵒ) Parce qu’il en résulterait un meilleur ordre de discussions;
(2ᵒ) Parce qu’on aurait toujours alors, un moyen d’accélérer le travail, selon que des circonstances impérieuses l’exigeraient. C’est d’après cette idée simple que nous vous proposerons de décréter que la Convention charge une commission, composée de cinq de ses membres, adjoints au comité de salut public, de lui présenter dans le plus court délai, un plan de constitution, réduit aux seuls article qu’il importe de rendre irrévocables par les assemblées législatives, pour assurer à la République son unité, son indivisibilité et sa liberté, et au peuple l’exercice de tous ses droits.
Reprenons donc avec constance le travail de la constitution, et discutons-en le petit nombre d’articles vraiment constitutionals, avec cette sagesse qui n’exclut pas l’énergie, et avec ce talent qui ne flétrisse pas les défiances.
Songez que le dernier article de la constitution sera le commencement du traité de paix avec les puissances. Il leur tarde de savoir avec qui elles peuvent traiter, quelle que soit la forme de notre gouvernement....
There follows a strong attack upon the Federal idea, showing the Committee to be definitely anti-Girondin in its sociology.
Mais cette inscription sera-t-elle donc toujours mensongère? verra-t-on sans cesse, dans le palais de l’unité, les fureurs de la discorde, et 44 mille petites républiques y agitant leurs dissensions par des représentans?...
Il faut qu’à votre voix, tous les Français se prononcent, que l’égoïste et l’avare soient flétris par l’opinion, et punis dans leurs richesses. Ne vous y méprenez pas, il n’y a plus de gloire et de bonheur pour vous, que dans le succès de la liberté, dans le rétablissement de l’ordre, et dans l’affermissement des propriétés.
Voilà la base de toutes les sociétés politiques, et le législateur qui la méconnaîtra, sera en horreur à ses contemporains et à la postérité.
Il sera aussi exécré le législateur qui aura méconnu les droits du peuple, et qui n’aura pas écouté la plainte des malheureux.
Si vous perdez cette occasion d’établir la république, vous êtes tous également flétris, et pas un de vous n’échappera aux tyrans victorieux, quelle que soit la nuance de votre opinion ou le principe de vos actions. Le glaive exterminateur frappera les appelans au peuple, et les votans pour la mort du tyran; et c’est la seule égalité que vous aurez fondée. Vos noms ne passeront à la postérité que comme ceux des rebelles et des coupables: vous aurez reculé le perfectionnement des sociétés humaines; vous aurez perdu les droits des peuples, vous aurez fait périr 300 mille hommes, et dilapidé des trésors que la liberté avait déposés dans vos mains pour son affermissement; vous aurez rétrograder la raison publique; vous serez complice de la tyrannie des rois et de la barbarie de l’Europe, et l’on dira de vous; la convention de France pouvait donner la liberté à l’Europe, mais par ses dissensions, elle riva les fers du peuple, et servit le despotisme par ses haines....