TROISIÈME DIALOGUE. (continued 2)
Reading edition
ÉLIE.
Elles paraissent ici très-évidentes, en effet.
DIOTIME.
Tout en achevant ses compositions magistrales, Wilhelm Meister, les Affinités électives, Faust, tout en écrivant les Mémoires et en surveillant la publication de ses OEuvres, Goethe recueille ses observations scientifiques; il les relie et les systématise. Le premier il proclame le grand principe qui va désormais présider à tous les progrès.
ÉLIE.
L'idée de la métamorphose?
DIOTIME.
L'idée de la plante primordiale et typique, dont il a pu dire avec candeur que «la nature la lui envierait;» ou, pour parler avec Geoffroy Saint-Hilaire, l'idée de l'unité de composition organique, dont les savants français lui attribuent tout l'honneur.
ÉLIE.
Je vois le nom de Goethe cité très-fréquemment, en effet, dans les ouvrages de science.
DIOTIME.
Les savants ne prononcent son nom qu'avec reconnaissance et respect, car, outre ces deux grands principes de l'unité et de la métamorphose, on doit encore à Goethe plusieurs observations très-importantes. Doué comme Dante d'un vif instinct des transformations de la vie, attentif à cette puissance de métamorphose dont il admirait dans un des plus beaux chants de l'Enfer une peinture merveilleuse, Goethe observe, comme l'auteur des cantiques, des phénomènes qui n'ont point été observés avant lui. C'est lui qui découvre dans la structure de l'homme l'os intermaxillaire que nieront encore, longtemps après, des savants de profession, tels que Camper et Blumenbach; c'est à lui que l'on rapporte les plus curieuses observations sur la double tendance spirale et verticale qui détermine la vie des végétaux. Chez le grand Allemand comme chez le grand Italien, le génie de la spéculation intuitive s'allie à l'esprit d'observation le plus rigoureux. Goethe porte en lui, il conçoit sans effort l'idée d'ordre et de beauté dans l'univers; ses plus humbles, ses plus obscures parties, comme ses plus splendides infinités, il les voit, il les pressent à leur place et dans leur mutuelle attraction. Esprit ou matière, idéal ou réalité, force ou forme, accident ou loi, tout lui apparaît distinct, mais profondément uni dans le sein de Dieu. Et son Dieu, comme celui de l'Allighieri, est le premier, le tout-puissant amour, der Altliebende. La science de Goethe a les palpitations de la vie; sa raison a les ravissements de l'enthousiasme; et c'est pourquoi il étreint la vérité d'une si forte étreinte. Et c'est pourquoi, rien qu'en le voyant, on reconnaît en lui une harmonie si parfaite, qu'un Herder, un Napoléon, s'écrieront spontanément, comme frappés d'un même éclair: Voilà un homme!
ÉLIE.
Assurément une telle parole, une louange à la fois si simple et si profonde, dans de telles bouches, si elle était méritée, ferait mieux que tout le reste comprendre votre rapprochement entre Goethe et Dante, car on peut bien dire que jamais poëte ne fut, plus que l'Allighieri, un homme véritable. Mais c'est ici précisément que je sens, pour ma part, la différence essentielle; car enfin, l'homme véritable, ce n'est pas seulement celui qui est à la fois, comme Goethe, un savant, un philosophe, un artiste; l'homme véritable, c'est aussi, c'est avant tout, dans mes idées bretonnes, le patriote, le soldat, le citoyen. C'est Dante à la bataille de Campaldino, dans les conseils de la république; c'est l'exilé indomptable qui monte fièrement l'escalier d'autrui; c'est le tribun qui harangue princes et peuples et les convie à la liberté.
Or, dans toute la longue vie de votre Goethe, il n'y a pas un jour pour la patrie, il n'y a pas un voeu pour la liberté. Il se détourne de la révolution française qui troublerait, s'il y regardait, ses études de naturaliste. Pendant la campagne de France, où il suit par bienséance de cour son souverain, il s'absorbe dans ses rêveries contemplatives. À Verdun, il observe un phénomène d'optique; au siége de Mayence, il établit tranquillement sa théorie des couleurs. Je ne parle pas de l'incroyable préoccupation qui lui fait appliquer à la querelle de Cuvier et de Geoffroy Saint-Hilaire les nouvelles qu'on lui apporte du combat des trois journées dans les rues de Paris. Enfin rien, absolument rien, chez cet homme si attentif à la métamorphose des plantes et aux révolutions du globe, où se trahisse le moindre intérêt pour le grand soulèvement politique qui va remuer de fond en comble toutes les couches de la vie sociale.
DIOTIME.
Vous touchez ici, en effet, mon cher Élie, à une différence sensible entre nos deux poëtes; mais c'est différence d'origines, beaucoup plus que différence de personnes. Dante, ne l'oublions pas, appartient à la plus grande race politique des temps anciens et modernes. Il est issu de ce peuple romain qui se sentait né pour dominer le monde. Avec son sang coule dans ses veines l'ambition, l'instinct impérieux des destinées latines, le sentiment de l'État, l'idéal de l'unité, de la force et du droit. Il est tout pénétré de ce vertueux orgueil de la patrie qui va se perpétuer après lui, de grand homme en grand homme, dans l'Italie subjuguée, humiliée, divisée, pour éclater de nos jours avec une incroyable puissance, et triompher demain, plaise à Dieu, à la face du ciel, sur les hauteurs antiques et toujours vivantes du Capitole.
Tout au contraire, Wolfgang Goethe naît chez un peuple à qui la notion de l'État semble étrangère. Cette grande chose publique qui impose au Romain le sacrifice de tout autre devoir, de tout bonheur intime, l'Allemand ne la trouva nulle part dans son passé. Indépendant et libre, hardi et fier dans les domaines de la pensée pure, il redevient timide et gauche, il demeure comme empêché dès qu'il veut s'essayer à la pratique du bien commun; il trébuche, il chancelle, dès qu'il sort de sa maison pour descendre sur la place publique.
Il y a donc dans la race et dans la tradition de nos deux poëtes une première inclination opposée, cela n'est pas niable; mais il ne faudrait rien exagérer. Goethe, en politique, comme en toutes choses, avait un idéal, et un idéal très-haut.
ÉLIE.
Si haut apparemment qu'il ne pouvait espérer de le voir réaliser, et c'est pourquoi il n'y songeait pas.
DIOTIME.
L'idéal de Goethe, tel que nous allons le voir dans son poëme, le dernier mot de la sagesse humaine dans la bouche de Faust mourant, «la plus haute félicité où l'homme puisse atteindre,» ressemble trait pour trait, mon cher Élie, à l'idéal de Dante. Monarchie ou république, c'est la conception, exprimée dans un vers de Faust, du «peuple libre sur le sol libre,» conquérant chaque jour, méritant par le travail, par la lutte, par la conspiration de toutes les forces, par l'association de toutes les volontés, son droit à l'existence et son droit au bonheur.
MARCEL.
C'est un peu vague.
DIOTIME.
Pas plus vague que l'idéal de l'Allighieri, sur lequel on a disputé pendant plusieurs siècles. Avec l'auteur du de Monarchia, Goethe considérait l'unité, l'ordre et la paix comme les signes par excellence du bon gouvernement. Il croyait, comme lui, que la liberté ne se trouve que dans l'obéissance à la loi. Avec Dante, il croyait aux grands rois paciers et justiciers. De même que l'Allighieri attendait de la venue de l'empereur Henri VII l'apaisement des troubles civils, ainsi Goethe, dans sa jeunesse, espérait du grand Frédéric qu'il «réduirait les superbes et soutiendrait la force propre de l'Allemagne.» Mais Goethe croyait également à la puissance des instincts populaires. Il admirait les vertus humbles et patientes des classes laborieuses, qu'il déclarait, dans leur injuste abaissement, les plus hautes aux yeux de Dieu. Il reconnaissait aux malheureux «le pouvoir de bénir, auquel l'homme heureux ne sait comment atteindre.»
VIVIANE.
Quelle expression touchante et quelle grande pensée!
DIOTIME.
Et qui, celle-là, vient assurément du coeur, car jamais l'esprit à lui tout seul n'eût senti et proclamé ainsi le droit divin du malheur.
ÉLIE.
Mais cette pensée très-touchante, je n'en disconviens pas, ne nous dit aucunement la part que Goethe réservait au peuple dans son idéal politique.
DIOTIME.
Goethe n'a jamais rédigé de projet de constitution, mon cher Élie. Mais il avait coutume de dire que, si une très-petite élite dans la société y représente la raison, le peuple y représente le sentiment, la passion, que l'homme d'État ne doit jamais négliger. Lorsqu'il s'essaie à l'art de gouverner, il se propose pour but principal de donner aux classes inférieures «le sentiment d'une noble existence.» Rappelez-vous, Élie, cet admirable poëme d'Hermann et Dorothée, où Goethe chante d'une voix homérique les grandeurs de la vie populaire. Relisez, quand vous serez de loisir, le roman de Wilhelm Meister. Vous serez surpris d'y voir sur le prolétariat, sur la propriété, sur le rôle social des femmes, sur les vocations naturelles, sur la rétribution du travail et la répartition des richesses, sur l'unité future du genre humain, sur la culture en commun du globe, sur les destinées grandioses de l'Amérique républicaine et de la démocratie chrétienne, sur le pouvoir de l'association et de la colonisation, des choses dont la hardiesse n'a pas été dépassée par nos plus hardis réformateurs.
Dans ce curieux roman, Goethe ramène les phases successives du progrès moral et social aux trois degrés de l'initiation ouvrière: l'apprentissage, le compagnonnage et la maîtrise. Il y cherche, il y exprime avec amour la poésie des plus humbles professions, des plus petits trafics. Il rapproche l'industrie de l'art, l'utile du beau. Enfin, si je ne me trompe, vous trouverez dans Wilhelm Meister, dans la dernière partie surtout, un Goethe à qui vous n'avez pas donné, je crois, suffisamment d'attention, un Goethe précurseur et prophète, comme l'Allighieri, d'une patrie, d'une société, d'une civilisation nouvelle, organisateur du bon État; voilant, comme l'auteur des cantiques, sous le symbole, une représentation pythagoricienne de l'ordre social intimement uni à l'ordre universel dans les conseils de Dieu.
ÉLIE.
Mais enfin, j'en reviens toujours là, Goethe ne prend aucune part au mouvement politique.
DIOTIME.
Un moment, on le voit dans ses lettres et dans ses mémoires, Goethe, chargé par le grand-duc de Weimar de conduire les affaires publiques, s'applique, comme il s'est appliqué à tous les arts, au grand art de l'homme d'État. Il lit avec émotion nos cahiers de 89: il aurait voulu en réaliser la pensée. Il parle avec le sérieux candide qu'il apporte en toutes choses de la grande tâche qui lui est imposée. Il en remplit, dit-il, ses veilles et ses rêves, il y sacrifie ses plus chères occupations: il interrompt ses études, ses travaux, parce que son devoir (son devoir de ministre s'entend, car il semble oublier à ce moment son oeuvre poétique) lui devient chaque jour plus cher. C'est en l'accomplissant dignement qu'il voudrait «se rendre l'égal des plus grands hommes.» Mais il est vrai de dire aussi que les espérances prochaines de Goethe sont bientôt dissipées. Les horreurs de la guerre dont il pense, sous la canonnade de Valmy, qu'elles commencent une époque nouvelle dans l'histoire, le persuadent que des générations entières seront sacrifiées à la révolution immense qui, selon lui, va changer les destinées, non-seulement de l'Europe, mais du monde. Alors, comme il hait tous les agents violents (il est anti-vulcaniste en histoire comme en géologie); comme il sent douloureusement le malheur d'appartenir à une nation faible, incapable de cohésion, impuissante en politique; comme il n'a pas de foi dans la vertu des petites constitutions, des petits parlements, des petites promesses et des petits souverains de la Confédération germanique; comme il ne croit en définitive qu'au pouvoir de l'esprit, au progrès par la science et la persuasion, et non par les improvisations hasardées ou la contrainte, Goethe se met à l'écart. Il se retire des factions. Il se fait à lui seul, comme Dante (qui paraît bien, lui aussi, à un certain jour, avoir désespéré de ses amis), son propre parti. Voyant la confusion où tout allait chez ce pauvre peuple allemand, le plus grand dans l'ordre moral, dit-il, mais le plus misérable dans son organisation politique, il rentre, pour n'en plus sortir, dans la sphère de l'art, où son autorité s'exerce sans entraves. Mais c'est pour y tenter, à sa manière, l'unité allemande. Il forme le plan d'un grand congrès général qui sera, dans l'opinion de Herder, le premier institut patriotique de l'Allemagne; et s'il n'y réussit pas, il en répand du moins dans les esprits l'idée qui y germera plus tard. Une voix intime dit au poëte qu'il importe assez peu à l'Allemagne de compter un soldat, un clubiste, un pamphlétaire ou un harangueur de plus, mais que, en lui léguant un Goethe, il aura fait pour la patrie future tout ce qui lui est commandé par Dieu et par son génie.
Et qui oserait l'en blâmer? Qui oserait accuser d'indifférence patriotique celui dont on a pu dire:
L'Allemagne s'est sentie grande tant que Goethe a vécu?
ÉLIE.
Vous idéalisez, vous me feriez presque aimer le sage égoïsme du grand artiste; mais comment l'égaler à l'héroïsme du grand citoyen, et que les effets en sont moins vivants dans les coeurs! L'Allemagne, sans doute, admire, elle adore son Goethe; mais qu'il y a loin du culte un peu abstrait qu'elle lui rend au frémissement d'amour de toute cette jeune Italie qui portait naguère aux combats pour la liberté les couleurs de Béatrice, et que les chants divins de l'Allighieri consolaient dans les durs cachots du Spielberg, exaltaient au martyre de Cosenza!
DIOTIME.
J'en tombe d'accord avec vous, Élie, avec cette seule réserve, que je n'oppose pas ici l'égoïsme d'un caractère si l'héroïsme d'un autre, mais, comme je vous le disais tout à l'heure, le génie et la tradition des deux peuples qui se personnifient dans nos deux poëtes. Et tenez, même dans cette retraite studieuse, dans cette «solitude amie» que vous seriez tenté de reprocher à Goethe, dans ce calme où sa verte vieillesse poursuit sans dissipation l'oeuvre, patriotique aussi à sa manière, qu'il a entreprise de grandir dans les lettres et dans les arts le nom allemand, la colère vient un jour le saisir et lui inspire des accents tout à fait dantesques.
ÉLIE.
En quelle occasion?
DIOTIME.
C'est en 1805. L'invasion française a réduit l'Allemagne à la dernière détresse. Le grand-duc de Weimar, le souverain bien-aimé de son peuple, est, sous de mensongers prétextes, accusé de trahison, menacé par Bonaparte de déchéance et d'exil. Goethe pousse un cri d'indignation; tant d'injustice le révolte. Il ressent au plus profond les humiliations de la patrie sous le caprice du dominateur étranger. Tout aussitôt son parti est pris. Il n'hésite pas; il va suivre son royal ami dans l'infortune. Il s'en ira, dit-il, de village en village, de chaumière en chaumière, d'école en d'école, «partout où l'on connaît le nom du vieux Goethe;» il rimera, il chantera les afflictions du peuple; et les femmes et les enfants s'attacheront à ses pas et répéteront en choeur sa grande complainte… Il n'est pas indifférent, alors, le vieux Wolfgang; sa voix tremble; des larmes coulent de ses yeux; ses genoux fléchissent. Lorsqu'il parle ainsi d'exil et de pauvreté, je songe à cet autre Juste, «quel Guisto,» à ce mendiant au grand coeur que l'Allighieri rencontre dans le ciel de Justinien, à ce Romeo en qui le poëte semble se reconnaître… Vous vous rappelez, Viviane, ces belles tercines que je vous citais hier:
Indi partissi povero e vetusto.
MARCEL.
Mais cet exil et cette pauvreté ne sont qu'imaginaires; et, bien différemment de Dante, votre Goethe finit ses jours dans sa maison, dans la jouissance de tous les conforts…
DIOTIME.
Que ce mot de confort eût sonné étrangement à l'oreille de Goethe, mon cher Marcel, et que l'image du prosaïque bien-être que ce mot exprime était loin de son esprit! Ce qu'il fallait à Goethe, ce que le grand-duc Charles-Auguste sut lui assurer, en lui donnant tout auprès de lui, «champ, verger, jardin et maison,» ce n'était pas la combinaison savante et opulente de ces inventions confortables où s'endorment les vanités de nos bourgeois parvenus; c'était la simplicité noble d'une demeure où toutes choses bien ordonnées dans un ensemble harmonieux le portaient au recueillement et à une douce activité de la pensée.
Dans cette maison modeste où Goethe va finir ses jours glorieux, les chambres sont peu ornées, médiocrement meublées (notre poëte avait coutume de dire que les riches ameublements sont faits pour les gens qui n'ont point d'idées et ne se soucient pas d'en avoir; quant à lui, il ne pouvait ni penser ni rêver dans un trop bon fauteuil); mais on y monte par des degrés majestueux où de graves figures antiques commandent le silence; et les beaux souvenirs qu'il a rassemblés là, ses collections, ses portefeuilles, ses livres, le pénètrent à toute heure de ce «sentiment d'une noble existence,» qu'il avait espéré, un jour, lorsqu'il exerçait le pouvoir, de donner même aux plus déshérités, même aux plus oubliés de la fortune.
Dans son jardin, bien abrité du nord, au penchant d'une colline, sous ses grands sapins germaniques, non loin desquels, de sa main, le vieillard a planté le doux figuier de la Brenta, si cher à sa jeunesse, Goethe vient en plein midi s'asseoir. Il se recueille; il écoute «la respiration de la terre pendant le sommeil de Pan.» À son front de Jupiter olympien rayonnent les souvenirs d'un passé sans tache; dans ses yeux, les certitudes sereines de la vie future. Et lorsque, par une matinée de printemps, à son tour, Goethe s'endort dans la plénitude de ses facultés et dans la calme conscience de son oeuvre accomplie (le 22 mars 1832; peu de temps auparavant il a mis la dernière main à son poëme de Faust), sa lèvre souriante demande «plus de lumière.» Sans effort et sans effroi, son âme va passer d'un monde à l'autre. Comme l'Allighieri, au sortir des épreuves de la montagne d'expiation, il s'est renouvelé aux flots vivifiants du Léthé. Il se sent, lui aussi,
Pur et disposé à monter aux étoiles.
Diotime se tut. En la voyant fermer son cahier de notes, Viviane se récria. Elle n'aurait pas voulu que la fin du récit vint si vite. Elle aurait désiré plus de détails; elle avait mille questions à faire encore. Diotime promit d'y répondre à mesure que l'analyse de Faust les amènerait, ce qui ne pouvait manquer. Mais elle se sentait fatiguée d'avoir parlé pendant près de deux heures au grand air, et priait qu'on voulût bien la laisser reprendre haleine.
On se dispersa sur la plage.