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D'Archangel au golfe Persique

Note 5 — DEUXIÈME PARTIE LES HEUREUX JOURS DE TIFLIS (continued 2)

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La quantité de meurtres restés impunis à Tiflis, comme dans les autres grandes villes de Russie, pendant la révolution, est considérable. Des bandits isolés, ou par bandes, assassinent et volent, dès la chute du jour, dans les couloirs du fameux tunnel creusé dans le roc qui conduit au Jardin botanique. Les rives de la Koura, le bois Mouchtaïd ne sont pas sûrs. A Moscou, les mêmes désordres se produisent. Des hommes masqués et armés que l’on dit être des « bolscheviky », mais qui ne voient dans la Révolution que l’exemple des Bonnot et Garnier à imiter, pénètrent chez les particuliers, revolver au poing, et les dévalisent.

A Tiflis, des maris jaloux, des amants tuent leurs femmes ou leurs maîtresses ; de prudents anonymes font disparaître les ennemis qui les gênent. Un soir, des inconnus dérobent la caisse du Grand-Théâtre de Tiflis. La direction fait paraître une note dans les journaux, « priant MM. les voleurs de vouloir bien remettre la recette volée aux bureaux du théâtre, cette recette étant destinée aux artistes pauvres ». Une courte note dans la presse, c’est en effet la seule punition qu’une police inexistante peut infliger aux coupables.

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