Note 18 — CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON. (continued 2)
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Note 18: Au sein même de la théocratie polythéique la plus complète, les hommes supérieurs, outre leur tendance intellectuelle au monothéisme, ci-dessus expliquée, doivent éprouver, pour ce dernier état de la philosophie théologique, une sorte de prédilection instinctive, à cause des puissantes ressources qui lui sont propres, comme on le verra bientôt, pour assurer l'indépendance de la classe sacerdotale envers la classe militaire; tandis que celle-ci doit, au contraire, par des motifs semblables mais inverses, préférer involontairement le polythéisme, bien plus compatible avec sa propre suprématie, suivant la théorie ci-dessus établie. Par la secrète influence, long-temps prolongée, de ces intimes dispositions mutuelles, il est donc aisé de concevoir que les prêtres égyptiens, et ensuite chaldéens, ont pu être engagés, ou même obligés, à une telle tentative de colonisation monothéique, dans le double espoir d'y mieux développer la civilisation sacerdotale par la plus complète subalternisation des guerriers, et de ménager un refuge assuré à ceux de leur caste qui se trouveraient menacés par les fréquentes révolutions intérieures de la mère-patrie. Quoique la nature de mes travaux propres ne me permette point le développement convenable d'une telle explication spéciale du judaïsme, je ne doute pas que cette nouvelle ouverture historique, résultée, dans mon esprit, d'une étude directe et approfondie de l'ensemble du sujet, d'après ma théorie fondamentale de l'évolution humaine, ne puisse être ensuite suffisamment vérifiée par son application détaillée à l'analyse générale de cette étrange anomalie, si une telle appréciation est un jour réellement opérée par un philosophe convenablement placé d'abord à ce nouveau point de vue rationnel.