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Contes des fées

LE PETIT CASTEL DE CIRE

Reading edition

I

COMMENT ROSE-ROSE AVAIT LE DON D'ENTENDRE LE LANGAGE DES ABEILLES, CE QU'EXPOSE L'AUTEUR EN MANIÈRE D'INTRODUCTION

Parmi tous les dons de vertu. De beauté, de grâce et décence Que Rose-Rose, à sa naissance, Eut d'une Fée, elle avait eu Le don d'entendre sans étude Les Abeilles en leurs fredons, Aussi bien que nous entendons Le bon français par habitude. Et grâce à ce rare savoir, Elle avait sur le Roi, son père, Pour gouverner l'État prospère, Tout crédit, conseil et pouvoir: L'hiver n'empêchait pas les roses D'éclore en ces temps merveilleux, Et les Abeilles en tous lieux En savaient long sur toutes choses.

Ceci n'est qu'un conte amoureux Que je dédie aux coeurs fidèles. Aimez seulement mes modèles Aussi bien que je fais pour eux.

II

COMMENT ROSE-ROSE ET MYRTIL EURENT UN SONGE SEMBLABLE, ET DES PROPOS QUE ROSE-ROSE EUT AVEC LES ABEILLES

Rose-Rose, à peine éveillée, Dès la première aube appela Ses femmes, et ce matin-là, De blanc voulut être habillée: Elle fut donc vêtue ainsi Que sont les blanches fiancées. Mais nul ne savait ses pensées. L'amour n'avait pu jusqu'ici Troubler une dame aussi sage. On assurait qu'il n'était point De prétendant qui, sur ce point, Eût vu rougir son beau visage. Quand on eut peigné ses cheveux, Plus blonds qu'une moisson dorée, Et qu'elle fut ainsi parée Et belle assez selon ses voeux, Elle fit, contre l'habitude, Éloigner ses Dames d'honneur, Comme si son secret bonheur S'augmentait de sa solitude.

Elle s'en fut seule au jardin Pour causer avec les Abeilles. —Des parterres et des corbeilles, Des bosquets, des gazons, soudain Toutes s'empressèrent vers elle, Et par mille souhaits charmants, Grâces, bonjours et compliments, Lui témoignèrent de leur zèle. Après tous ces gentils discours, Prenant sa voix la plus menue, Rose leur dit:—«Je suis venue Vous demander aide et secours; Et tout d'abord je vous rends grâce De ce que vous ne m'avez fait Encor défaut d'aucun bienfait: Voici le cas qui m'embarrasse.

«J'aime un Prince que je n'ai vu Qu'en songe encor, cette nuit même; Rien ne m'est plus, sinon qu'il m'aime Et qu'il m'a prise au dépourvu. Amour donc jamais ne nous laisse Sans aimer, car je ne suis plus, Malgré mes dédains résolus, Que joie, espoir, trouble et faiblesse!

—«Le lieu de mon songe était tel, Que je vis en cette aventure Ce même jardin en peinture, Ces fleurs et ce petit Castel Que vous m'avez sur la colline Tout bâti de cire, au dessus Du petit lac aux bords moussus Et de ce jardin qui décline. Ce fut là qu'il me vint chercher Et me put expliquer sa flamme En mots si vrais, que jusqu'à l'âme Son bel amour me sut toucher: Et comme en un miroir immense Je me voyais lui souriant Et lui de même me priant Tout obtenir de ma clémence. —«Je suis fils de Roi, disait-il, Et je veux vous aimer sans cesse. Vous pouvez, sans honte, Princesse, M'aimer aussi! J'ai nom Myrtil. —«Mon nom, lui dis-je, est Rose-Rose, —«Et, dans l'instant, nos jeunes fronts Furent, ainsi que nous serons, Couronnés de myrte et de rose. En me voyant si belle ainsi, Et lui plus beau que la lumière, Je donnai mon amour première Au beau Prince que j'ai choisi.»

Songe alors n'était pas mensonge, Car Myrtil eut, de son côté, Comme on l'a depuis rapporté, Cette même nuit même songe: Il vit, dans le même moment, Au même lieu, sa même image A Rose-Rose rendre hommage. Et lui faire même serment, Dans ce même Castel de cire Où, sans penser au lendemain, Rose avait bien promis sa main, A n'en douter, à ce beau Sire.

Et Rose dit en même temps: —«Allez vite, Abeilles fidèles. Vite autant que vous aurez d'ailes. Dire à Myrtil que je l'attends! Allez du couchant à l'aurore, Et ne revenez pas sans lui; Allez, et dites à celui Que j'aime, au pays que j'ignore, Lorsque vous l'aurez rencontré, Qu'approuvée ou que combattue, Toute de blanc ainsi vêtue, En ce Castel je l'attendrai Chaque jour, à cette même heure, A chaque aube que Dieu fera, Et que, s'il faut, l'on m'y verra Venir jusqu'au jour que je meure!»

III

COMMENT LES ABEILLES ENTREPRIRENT UN LONG VOYAGE ET COMMENT ROSE-ROSE ATTENDIT LEUR RETOUR

On ne pouvait pas, en effet, Contredire en cette occurrence, Car il n'était pas même en France De Prince en tout point si parfait: Et les Abeilles, à l'entendre, D'une part avaient approuvé Tout ce que Rose avait rêvé De beau, de sincère et de tendre, Mais, d'autre part, le pire était Que par mainte et mainte contrée Elles la savaient séparée De Myrtil, et qu'il habitait Au delà des terres connues, En des pays si fort distants, Qu'il leur faudrait bien bien longtemps Avant que d'être revenues. Car le monde est grand, ce dit-on. Pourtant, nos bonnes confidentes, Quoique très sages et prudentes, N'objectèrent rien sur ce ton, Sachant que l'amour ne raisonne Et n'en veut qu'à son bon plaisir, N'ayant le goût ni le loisir De croire ou d'entendre personne. —En rien donc ne contrariant Son dessein, l'ambassade ailée Après s'être au ciel assemblée, Tourna son vol vers l'Orient: Elle allait si fort admirée, Comme un globe d'or dans les cieux. Et paraissait à tous les yeux Si prompte, si belle et dorée, Que telle ambassade, je crois, N'alla du Louvre ou de Versailles Négocier les fiançailles D'aucune fille de nos rois!

Rose ainsi fit qu'aux messagères Elle avait dit qu'elle ferait; Chaque jour, elle se parait D'étoffes blanches et légères; Les myrtes aux roses mêlés Ceignaient son front, et sûre d'elle Et de son bel amour fidèle, Malgré bien des jours écoulés Dans l'attente et la solitude, En son Castel, chaque matin, Elle attendait l'époux lointain Sans trouble et sans incertitude. Et tel était son sentiment Et sa foi, que la longue attente Ne la rendait que plus constante, Et que l'on admirait comment Sa magnifique indifférence Mettant la Cour en désarroi Déconcertait maint fils de Roi Venu dans une autre espérance, Son Père était tout déconfit Et le pauvre homme en cette affaire Ne savait vraiment plus que faire: Et que vouliez-vous bien qu'il fit? Larmes, prières, étaient vaines; Et ce fut tout de même en vain Qu'il s'enquit d'un fameux devin Et qu'il ordonna des neuvaines. Rose n'entendait pas raison. Et revenait, sans être lasse, Chaque jour à la même place Consulter le pâle horizon Dès l'aube.—Et la belle songeuse Ne songeait à rien qu'à l'amant, Que lui ramenait sûrement Son ambassade voyageuse.

IV

COMMENT MYRTIL FIT A TRAVERS LE MONDE UN VOYAGE MERVEILLEUX QUI DURA CENT ET CINQUANTE ANNEES.

Myrtil s'était mis en chemin, Guidé par les bonnes Abeilles. Lorsqu'il les eut de ses oreilles Ouï, comme en langage humain, Qui contaient l'histoire suivie De son beau songe trait pour trait, Et comment Rose l'attendrait S'il le fallait, toute la vie, Aussitôt le Prince amoureux, Malgré tout le noble entourage, Qui ne craignait que son courage En ce départ aventureux, Prit une belle et bonne armée Et se mit en marche à travers Tant et tant de peuples divers, Pour retrouver sa bien aimée, Qu'il n'est Monarque ou Conquérant Qui, pour de moins belles victoires Et des travaux moins méritoires, N'en ait reçu le nom de Grand.

L'Amant, dont la fortune heureuse N'avait que des coups surprenants, Par les mers et les continents Promenait sa gloire amoureuse. —Mais, si je tire du récit, Dont j'ai suivi le commentaire, Qu'il venait du bout de la terre, Notre monde se rétrécit Et n'a plus la même apparence; Car, outre les pays connus Dont bien des gens sont revenus, Tels que Chine, Inde, Egypte et France, Il avait encor parcouru Bien des mers depuis ignorées Et de fabuleuses contrées Qui de ce monde ont disparu: La mer où chantaient les Sirènes Et les vallons mélodieux Peuplés de Héros et de Dieux Encor chers aux Muses sereines. Le jardin d'Eden, où tomba Adam et la race insoumise Des hommes, la Terre Promise Et le Royaume de Saba, La côte d'Ophir et, près d'elle, L'or en montagne accumulé, Le Venusberg, l'île Thulé, Où mourut le Vieux Roi fidèle, Et les terres des Paladins, Et la Forêt où j'imagine Que vivaient Morgane et Brangine, L'Ile d'Armide et ses jardins Avant Renaud et la Croisade, Et tout l'Orient enchanté, En mille et une nuits conté Par la bonne Schéhérazade: Et Myrtil allait à travers Le monde, entrainant à sa suite, En son amoureuse poursuite, Tous les peuples de l'Univers! Car les Abeilles étaient Fées, Et, dès que son glaive avait lui, Les rois vaincus dressaient pour lui Des colonnes et des trophées.

Si le voyage fut si grand Que je n'ai pu faire le compte Des merveilles qu'on en raconte, Je puis, du moins, en comparant Les dates qui m'en sont données. Conclure que, pour parcourir L'Univers et le conquérir, Il mit cent et cinquante années.[1]

[Note 1: Ce calcul est insuffisant, Car alors la belle durée Des longs ans était mesurée Autrement qu'elle est à présent.

(Note de l'auteur)]

V

COMMENT MYRTIL VIT LE PETIT CASTEL DE CIRE ET LES ADMIRABLES CHANGEMENTS QUI S'ÉTAIENT FAITS DANS LA NATURE DU JARDIN

Il est clair qu'un si grand concours De peuples en tel équipage Ne se meut point sans grand tapage. Donc, par les chemins les plus courts, Tous les courriers de la frontière Revenaient en hâte, annonçant A Rose qu'un Roi tout Puissant Avait conquis la terre entière Et n'avait plus qu'à conquérir Ce seul royaume, en telle sorte Que son armée était si forte, Qu'il entrerait sans coup férir.

Rose ouït ce préliminaire Comme Reine, sans s'émouvoir, Ayant hérité du pouvoir De son père mort centenaire, (On vivait très vieux en ce temps). Mais l'on s'étonnait que la Reine Demeurât d'humeur si sereine Devant ces périls éclatants. Or, sans vous creuser la cervelle. Vous avez deviné comment Rose ne s'émut nullement En entendant cette nouvelle, Car vous pouvez vous figurer Que quelque Abeille avant-coureuse Avait dit à notre amoureuse Plus que de quoi la rassurer. La Mouche-Fée, à son oreille, Comme une clochette d'or fin, Sonna si doucement, qu'enfin Rose n'eut joie autre ou pareille. Comme moi, vous pouvez déjà Conclure de cette arrivée Que, dès que l'aube fut levée Dans le ciel et se propagea, Myrtil avait quitté sa tente, Et précédé du bel Essaim Qui le servait en son dessein, Poursuivait sa course constante, Et cela de telle façon, Que Myrtil, comme je vais dire, Vit le Petit Castel de cire Dont notre Essaim fut le maçon.

Toutes choses étaient changées Sinon de lieu, du moins de fait: Les mêmes lilas, en effet, Et les buis en belles rangées, Avec l'âge étaient devenus Si grands, si grands, que les grands chênes, Que l'on voit aux forêts prochaines, N'étaient que brins d'herbe menus, Et que les reines marguerites, Ainsi que les jeunes rosiers, Abeilles, où vous vous posiez, Sans rien perdre de leurs mérites, Etaient en telle floraison, Qu'en une rose, n'en déplaise, Rose aurait dormi mieux à l'aise Qu'en son lit, par comparaison. Et l'odeur fraîche et pénétrante De tant de parfums, dit l'auteur, Avait fait une eau de senteur De l'onde unie et transparente Du lac, qui s'était tant porté Hors de ses bornes naturelles, Que ses eaux pouvaient bien entre elles Couvrir notre monde habité. Car toutes choses, au contraire De s'enlaidir, avaient été Vieillissant en telle beauté Qu'il est malaisé de pourtraire Les admirables changements Qui s'étaient faits dans la nature Du jardin qu'avaient, en peinture, Montré deux songes si charmants.

VI

COMMENT LES COLOMBES BLANCHES ACCOMPAGNÈRENT ROSE-ROSE JUSQU'AU CASTEL DE CIRE ET COMMENT MYRTIL L'Y REJOIGNIT.

Si la blancheur est un des signes De la vieillesse, je dirai Que les Biches au poil doré, Les Tourtereaux bleus et les Cygnes Plus noirs alors que les corbeaux, Si j'en crois l'auteur que je cite, Etaient en ce merveilleux site Si blancs de vieillesse et si beaux, Que de race en race engendrée Jusqu'à leurs derniers rejetons, Aux pays que nous habitons Leur blancheur en est demeurée. C'est seulement depuis ce temps Que nous voyons le blanc plumage Des colombes au doux ramage, Biches blanches et merles blancs.

Quoi qu'il soit de cette origine, Vous eussiez vu là ce matin Les belles brouteuses de thym, Plus blanches que l'on n'imagine. S'arrêter de brouter pour voir Passer la blanche fiancée Grave et dès longtemps exercée Au long amour de son devoir: Tandis que la troupe fidèle Des colombes allait volant Jusqu'au Castel, et s'emmélant Par couple léger autour d'elle. Car les colombes, par milliers, Que ce bel amour intéresse, Escortaient leur bonne maîtresse A ses rendez-vous journaliers.

Vous dirai-je encor davantage? Si d'une part les verts ormeaux Et les cèdres aux noirs rameaux, A mesure de leur grand âge, Avaient poussé leur front serein Et leur taille extraordinaire Bien haut au dessus du tonnerre, D'autre part, l'effort souterrain De leurs racines biscornues, Travaillant la colline, avait Fait que le Castel se trouvait Comme un temple parmi les nues. Et ce n'était plus comme avant Colline humble, pente et mi-côte, Mais pic d'azur, montagne haute Où ne peut atteindre le vent. L'accès au Prince en fut facile, Soit qu'alors un char enchanté Ou quelque autre engin l'ait porté Auprès de Rose en cet asile D'amour, de gloire et de repos, D'où l'on voyait par les vallées Dix mille villes assemblées, Comme en leurs parcs, de blancs troupeaux, Les mers et les eaux miroitantes, Et les moissons et les forêts, Et sur cent mille arpents, auprès Du lac profond, cent mille tentes!

VII

COMMENT ROSE ACCUEILLIT MYRTIL ET DU DISCOURS QU'ELLE LUI TINT

Myrtil s'avançait au milieu Des Colombes, parmi les nues, Et des Abeilles revenues De leur voyage en ce haut lieu, D'où Rose eut le monde en offrande. Mais cette fois le Conquérant, Au monde même indifférent, Trouve enfin que la terre est grande Assez, puisqu'il a retrouvé Rose-Rose et son doux sourire, Et, tel que je l'ai pu décrire, Le Castel qu'il avait rêvé. Et comme il déposait son glaive En s'agenouillant sur le seuil, Rose s'en vient lui faire accueil De ses deux bras et le relève:

—«Heureux le jour où je te vois, Myrtil, heureuses les années Qui rassemblent nos destinées!» Dit-elle. Et le son de sa voix, Limpide comme une fontaine, Est frais comme les belles eaux Où viennent boire les oiseaux Après une course lointaine. «Heureux le songe où je t'ai vu! Et vous, compagnes dévouées De son retour, soyez louées, Abeilles, pour avoir pourvu De tant d'honneur son beau courage, Et pour me l'avoir ramené Aux lieux où notre amour est né, Dans le premier temps de notre âge. Cher époux, tu m'es donc rendu, Mais je n'eus que joie à t'attendre, Puisque je t'ai d'un coeur plus tendre, En toute assurance, attendu: Et cette assurance était telle Et me faisait vivre si fort Que j'eusse attendu sans effort Jusqu'à devenir immortelle! Non, non, les ans n'ont apporté A notre amour aucun dommage, Amour a toujours le même âge, Et t'ai-je seulement quitté! Car, malgré les longues années, Tu vois que sur mon front les fleurs Dont nos noms portent les couleurs, Ne sont point seulement fanées. Viens, Myrtil, donne-moi la main. Et bien que ta vertu connaisse L'arche d'amour et de jeunesse, Je veux te montrer le chemin, Et comment en notre demeure Pour nous un même trône est prêt Où j'avais dit qu'on me verrait Venir jusqu'au jour que je meure!»

Et sur leur trône radieux Ils furent, comme deux statues Augustes et de blanc vêtues, Comme on imagine les dieux Auprès des déesses insignes: Et leurs cheveux en s'argentant Etaient devenus blancs autant Que les colombes et les cygnes: Car, puisqu'il faut vous dire tout En un mot, sachez, je vous prie, (Bien qu'un miracle de féerie Eût été bien mieux de mon goût) Que l'âge en cette conjoncture Avait de même, parait-il, Rendu Rose-Rose et Myrtil Aussi vieux qu'était la nature. Oh! que s'il m'eût été permis, Ainsi qu'aux poètes antiques. De créer des dieux authentiques, Je les eusse en un temple mis Parmi les plus touchants exemples D'amour et de fidélité, Chacun contre l'autre accoté, Sous un dais de pourpre aux plis amples, Tels quels avec leurs blancs habits Ainsi qu'avec les myrtes pâles Changés soudain en fleurs d'opales Parmi des roses de rubis: Car en même temps leurs prunelles Et leur sourire, en vérité, Avaient pris l'immobilité Qui n'est qu'aux choses éternelles!

De cela, vous ne doutez pas, Comme il apparaît, ce me semble, Qu'ils étaient réunis ensemble Et passés de vie à trépas, Dans le petit Castel de cire Qui devint ainsi leur tombeau: Et leur sort m'a paru si beau, Qu'il m'a plu de vous le décrire.

VIII

COMMENT LES ABEILLES CHANTÈRENT, CE QUE L'AUTEUR EXPOSE EN MANIÈRE DE CONCLUSION

Le vieux conte que j'ai suivi, Dit encore, entre autres merveilles, Que sur ce les bonnes Abeilles, S'empressant toutes à l'envi, De miel et de cire embaumée Vinrent murer le monument Où notre glorieux amant Dormait avec sa bien-aimée; Et que notre Essaim tout autour De cette belle sépulture, Dont il avait clos l'ouverture, Forma jusqu'au déclin du jour Des chants faits de si doux bruits d'ailes, Qu'il était plus croyable encor Qu'il célébrât les noces d'or Des Epoux à jamais fidèles.

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