Note 4 — AUTOUR DE LA RÉVOLUTION RUSSE
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M. Jean de Bonnefon, dans le Journal du 24 avril 1917, a dressé cette généalogie parlante :
« … L’ancien empereur a demandé à vivre sous le nom de Nicolas Romanof. »
« Nul ne saura sans doute la mystérieuse pensée du captif. Il est possible que Nicolas revendique ce nom, ou plutôt sollicite la faveur de le porter, pour être attaché sur la terre d’exil par un dernier lien à cette Russie dont il fut le maître. Il est possible qu’il supplie pour avoir le droit d’emporter ce nom, dernier débris de tous les biens perdus, parce qu’il sait que, légalement, ce nom n’est pas le sien.
En Russie, comme en France, le nom est une propriété qui passe de mâle en mâle. En droit, l’ex-empereur s’appelle Nicolas de Holstein-Gottorp. Voici le détail de la chose :
La famille russe des Romanof a régné sur la Russie de 1613 à 1762. Le premier tsar de ce nom fut Michel, élu par les États assemblés à Moscou. La dernière souveraine fut l’impératrice Élisabeth, fille de Pierre le Grand, portée sur le trône par la révolution du comte de Lestocq, à la place du tsar Ivan, âgé de quatre ans. Élisabeth n’eut pas d’enfants et désigna pour successeur son neveu, Pierre de Holstein-Gottorp. Depuis l’avènement de ce tsar, sous le nom de Pierre III, jusqu’à la récente abdication de Nicolas II, les Holstein régnèrent sur la Russie.
La maison de Holstein, héritière de la famille de Schatenbourg, s’est divisée en deux branches : la branche royale de Danemark et la branche ducale de Gottorp, à laquelle appartiennent Pierre III et tous ses successeurs.
Pierre épousa Catherine d’Anhalt, de la maison allemande d’Anhalt-Zerbst. Celle princesse, née à Stettin, fit déposer et étrangler son époux en 1762 ; après quoi, elle régna glorieusement sous le nom de Catherine II. Son successeur fut son fils Paul Ier, étranglé par quelques seigneurs, le 23 mars 1801.
Alexandre Ier, fils de Paul, succéda à son père, épousa, à seize ans, une princesse de Baden-Baden qui ne lui donna pas de fils. Alexandre eut pour successeur son frère, Nicolas Ier, troisième fils de Paul Ier de Holstein.
La femme de Nicolas Ier fut la princesse Charlotte de Prusse, sœur du roi Frédéric-Guillaume de Hohenzollern.
Le fils aîné de cette union régna sous le nom d’Alexandre II.
Vint ensuite Alexandre III de Holstein, marié à la princesse Dagmar de Danemark, qui était, hier encore, impératrice veuve et douairière, sous le nom de Marie-Feodorovna.
Le fils de ce mariage est Nicolas de Holstein-Gottorp, ex-Nicolas II, époux de la princesse Alix de Hesse et du Rhin, sœur du grand-duc actuel de Hesse, général d’infanterie dans l’armée prussienne.
… Ces précisions données ne font pas faisceau d’injures contre le souverain découronné. S’il est vrai que chaque homme est le total de sa race, il est vrai aussi que nul ne choisit sa famille. Et l’ex-tsar Nicolas semble fidèle aux alliances qu’il avait librement choisies quand il demande humblement à porter le nom de Romanof, dont il n’est pas l’héritier. »