LE RETOUR (continued 2)
Reading edition
M. le maire Beaugrand proposa en anglais la santé de la Montreal Garrison Artillery et des autres bataillons qui, sans avoir participé à la campagne, avaient été prêts à répondre à l'appel.
Le colonel Stevenson, appelé à répondre, dit qu'il s'associait de tout coeur à la démonstration du jour. Il était heureux de serrer encore une fois la main aux braves du 65e, de les voir revenir gais et en bonne santé.
M. C. A. Corneiller parla en dernier lieu. Ce fut le discours de la clôture du dîner. En faisant l'éloge des braves volontaires, l'orateur paya un noble tribut d'hommages au zèle et au dévouement du R. P; Prévost, l'aumônier du 65e bataillon. Il a suffi à, M. Cornellier de rappeler ce nom si cher aux soldats dont on fêtait l'arrivée pour soulever les applaudissements les plus enthousiastes.
Durant le dîner, la musique de la Cité et l'Harmonie font entendre les morceaux les plus choisis de leur répertoire.
APRÈS LE DINER
A doux heures, le dîner étant termine, les volontaires se mirent en marche pour se rendre à la salle Bonsecours, en suivant les rues Craig, Gosford et Claude. Ils étaient suivis par une foule immense et sur leur passage ils furent l'objet de nouvelles acclamations. La musique de la Cité on tête suivie des anciens membres du 65e.
A la salle on déposa les armes et les sacs et on se dispersa pour aller passer le reste de la journée dans les joies intimes de la famille. Les anciens membres du 65e, accompagnés de la Musique de la Cité, escortèrent le lieutenant-colonel Ouimet jusqu'à sa résidence rue Dorchester.
Le brave colonel saisit de nouveau l'occasion pour féliciter les anciens membres du 65e de leur bonne tenue et termina en les remerciant de s'être montrés dignes de leurs frères d'armes dans la brillante réception dont ils ont été l'objet.
Après avoir pressé encore une fois la main à leur colonel, les anciens membres retournèrent à la salle d'exercices où ils eurent un lunch particulier. Des discours de circonstance furent prononcés par le capitaine DesRivières, président du comité de réception, et plusieurs autres. Dans son discours, le capitaine DesRivières félicita le capitaine Pratte et le sergent Pépin du zèle dont ils avaient fait preuve pendant tout le temps que le comité s'était occupé de se préparer à recevoir les volontaires du 65e. M. Beaudry, vice-président du comité fit aussi quelques remarques parfaitement appropriées.
Ce dîner de braves fut accompagné chant et de musique. En se séparant, il fat convenu qu'on se réunirait tous, ce soir, à la salle Bonsecours, pour déposer les coiffures et recevoir des instructions, s'il était nécessaire.
LE FEU D'ARTIFICE
Les réjouissances commencées le matin se sont continuées dans la soirée. A neuf heures, il y eut feu d'artifice sur le Champ de Mars.
Dès huit heures, une foule immense avait envahi les gradins qui longent la place et quand fut lancée la première pièce pyrotechnique on pouvait évaluer à vingt mille le nombre des spectateurs.
Ce feu d'artifice a obtenu tout le succès qu'on pouvait en attendre. Chaque pièce lancée s'élevait à des hauteurs prodigieuses et décrivant sur le fond du firmament semé d'étoiles, des arcs de feu et l'effet le plus merveilleux.
L'emporte-pièce de tout ceci, fut un cadre de grandeur considérable, couvert de produit chimiques au milieu duquel on avait inscrit le chiffre du "65e", en matière inflammable. Cette pièce d'un genre particulier, mise en feu, arracha à la foule des cris et des applaudissements.
Le feu d'artifice se termina à 9.30 heures.
L'auteur a tenu à publier ce rapport tel qu'il a été fait dans le temps, afin de l'enregistrer dans l'histoire de la campagne elle-même, et surtout pour que plus tard, personne ne puisse le taxer de partialité.