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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Mais à l'arrivée à Londres de sa première lettre, le 1er juin549, la Cour d'Angleterre prit ostensiblement des mesures pour protéger Élisabeth, à qui Charles IX disait en vouloir d'aider ses sujets rebelles. «Despuys cella, écrivait le 10 juin l'ambassadeur de France à Catherine, l'on a ordonné je ne sçay quoy de plus exprès en l'essay accoustumé de son boyre et de son manger et l'on a osté aulcuns Italiens de son service, et est sorty du discours d'aulcuns des plus grandz qu'encor qu'il ne faille dire ny croire que telle chose (l'empoisonnement de d'Andelot) ayt été faicte du vouloir ny du commandement de Voz majestez ny que mesmes vous le veuillez meintennant (maintenant) approuver après estre faict, que neantmoins touz princes debvoient dorsenavant avoir pour fort suspect tout ce qui viendra du lieu d'où de telz actes procèdent ou qui y sont tolérez, et s'esforce l'on par ce moyen de taxer et rendre, icy, odieuses les actions de la France; et [je] croy qu'on en faict aultant ailleurs»550. Il est étrange que La Mothe-Fénelon ait attendu des instructions pour protester contre ces soupçons infamants. Il annonce à la Reine ce 10 juin qu'il va le faire, ayant appris par une lettre du Roi du 14 mai--une dépêche officielle qui avait voyagé bien lentement551--que M. d'Andelot dans un combat avait été frappé d'un coup d'arquebuse «dont il n'est depuis sceu guérir (dont on n'a pas su depuis qu'il se fût guéri)». Sur cette «asseurance» dit-il, «j'asseureray fort que ce qu'on dict du poyson est une calomnie et que Voz Majestez ne serchent ceste façon de mort, mais bien l'obeyssance de voz subjects et de donner ung juste chastiement à ceulx qui présument de la vous denyer»552. Il n'a pas l'air bien convaincu, et pour cause. Personne n'avait entendu parler d'une blessure de d'Andelot553. Aussi la Reine-mère, dans une lettre du 9 juillet 1569, où elle relevait les inexactitudes de Norris, disait que d'Andelot était mort d'une «grosse fiebvre à l'occasion de beaucoup de travail qu'il auroit pris»554. Et en effet il est possible qu'une «fièvre pestilentielle», qui fit beaucoup de victimes dans le camp huguenot ait achevé de ruiner un organisme affaibli par les fatigues et les soucis de la campagne. L'historien protestant, La Popelinière, sans écarter l'hypothèse du poison, semble croire plutôt à un accès pernicieux de fièvre chaude555. Mais il est regrettable pour le Roi que, sept jours après la mort de d'Andelot, il en ait donné une explication imaginaire, et que sa mère ait été obligée d'en découvrir ou d'en inventer une meilleure.

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