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Elle laissa trop voir sa joie pour son honneur. Le cardinal de Châtillon, alors réfugié en Angleterre, écrivait à l'Électeur Palatin, Frédéric III (10 juin), que son frère avait été empoisonné, et il en donnait pour preuve tant «l'anatomye (autopsie) qui a été faite de son corps» que les propos d'un Italien qui s'était vanté, «devant (avant) ladite mort, à plusieurs tant à Paris qu'à la Cour, d'avoir donné la poison» et qui, depuis, sachant son coup réussi, demandait «récompense d'un si généreux acte»546; mais la douleur fraternelle ne le rendait-elle pas trop crédule? L'ambassadeur d'Angleterre en France, Norris, dans une dépêche à Cecil, du 27 mai 1569, annonçait aussi qu'un Italien se flattait d'avoir empoisonné d'Andelot et fait boire à la même coupe l'Amiral et son frère547. Il rappelait au secrétaire d'État d'Élisabeth que depuis longtemps il lui avait signalé que quelques Italiens étaient partis de Paris bien payés, pour exécuter le même dessein. Il est vrai que, le 14 juin, il rapportait que Coligny avait fait tirer à quatre chevaux l'empoisonneur, «un gentilhomme du camp du duc d'Anjou», et que M. de Martigues, lieutenant général du roi en Bretagne, était l'instigateur du crime548. Comme ces détails sont faux, on peut se demander si Norris était mieux renseigné sur la cause de la mort.