← Table of contents
Catherine de Médicis (1519-1589)

Note (retour) — Front matter

Reading edition

A ces craintes s'ajoutaient les griefs personnels. Le colonel général de l'infanterie française, d'Andelot, était en conflit d'attributions avec le maréchal de Cossé. Condé, qui aspirait en cas de guerre au commandement des armées avec le titre de lieutenant général, s'était entendu signifier par Henri d'Anjou, le fils préféré de Catherine, qu'il était bien osé de rechercher une charge qui revenait de droit au frère puîné du Roi. Cet adolescent--il avait seize ans à peine--brava le Prince de paroles et de gestes, le menaçant, s'il persistait, «qu'il l'en feroit repentir et le rendroit aussi petit compagnon comme il vouloit faire du grand»506. Brantôme croit que Catherine de Médicis avait conseillé cette algarade, mais en vérité elle n'avait aucun goût pour les provocations. Condé ayant quitté la Cour très mécontent (11 juillet), elle s'efforça de l'apaiser. Comme il lui avait écrit les bruits qui couraient que le Roi voulait employer les Suisses pour abolir la liberté religieuse, elle jura sa foi «de princesse» et de «femme de bien» qu'aussi longtemps que ses conseils prévaudraient auprès de son fils, l'Édit de pacification serait inviolablement gardé507. Charles IX ignorait si bien les desseins de Philippe II qu'il fut «grandement esbahy» de l'arrestation des comtes d'Egmont et de Horn (8 septembre) «d'autant que j'estimois, écrit-il à Favelles, son agent à Bruxelles, que les choses de delà, veu les commencements dont avoit usé le duc d'Alve, feussent pour prendre autre et plus gratieulx acheminement»508. Mais les protestants s'obstinaient à croire à une entente des deux Cours.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings