Note (retour) — Front matter
Reading edition
Mais à la même heure survint un autre incident. Catherine ayant fait ouvrir le paquet de dépêches qui venait d'arriver d'Espagne, il s'y trouva des lettres où Philippe II lui reprochait de continuer, malgré ses promesses, à ménager les hérétiques et l'accusait de faire «les plus grandes indignitez à la maison de Lorraine». C'était probablement une allusion à l'agression de la rue Saint-Denis et à la faveur de L'Hôpital, ancienne créature des Guise et qui apparaissait comme leur adversaire déclaré. La Reine reprit le Cardinal d'avoir adressé ses plaintes à Madrid, mais il s'en défendit et l'ambassadeur d'Espagne, qui était présent, certifia son dire. Il fut d'ailleurs pleinement justifié par d'autres lettres du même paquet et à lui destinées où Philippe II le blâmait d'avoir «comporté» ces indignités. Le Cardinal protesta qu'il les avait souffertes par le commandement du Roi et de la Reine «auxquels pour mourir il ne voudroit en rien désobéyr», mais sous condition toutefois de maintenir la religion catholique et abolir la nouvelle, «laquelle chose ne se faisant il criera si hault que tous les princes de la terre en oyront parler»485. Il s'en alla si en colère que Catherine jugea bon d'employer la duchesse de Guise, sa belle-sœur, à le calmer. On voit dans quelles difficultés elle se débattait.