Note (retour) — Front matter
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Charles IX prit plaisir à Marseille à se promener dans deux galères que commandait le comte de Fiesque. Il voulut même sortir du port et pousser jusqu'au château d'If, mais la Méditerranée en furie repoussa ce terrien qui s'aventurait au large. Il fut plus heureux à Bayonne et Saint-Jean-de-Luz. Il contempla du pont d'un navire l'Océan immense, et peut-être pensa-t-il aux capitaines Ribaut et Laudonnière, qui venaient de le traverser pour aller, au péril de leur vie, fonder en marge de la Floride espagnole une colonie française et un fort qu'ils baptisèrent de son nom: la Caroline. Il admira Biarritz, «le beau village sur le bord de la mer auquel lieu l'on prend les balènes». Au Brouage, un beau port naturel où l'on a fait «une nouvelle ville», les mariniers lui donnèrent le spectacle d'une naumachie. Le roi de France prend goût à la mer. Il se plaît aussi à voir les divertissements de ses peuples. Les courses de taureaux, qui ont dû rappeler à Catherine ses souvenirs de Florence, étaient nouvelles pour son fils. Abel Jouan note qu'aux arènes d'Arles des lutteurs attaquaient les taureaux sauvages et les faisaient «tomber en terre seul à seul», tandis qu'à Bazas ils les assaillaient «avec de grands esguillons». Dans le récit officiel, les danses des diverses provinces tiennent une grande place. C'est, à Brignoles, «la volte et la martingale» dansées à la mode de Provence par de «fort belles filles habillées de taffetas, les unes de vert, les autres changeant, les autres de blanc»; à Montpellier, la «treille» qu'exécutent au son des trompettes, «tenant en leurs mains des cerceaux tout floris», les hommes «tous masqués et revestus qu'il faisoit bon voir»; à Saint-Jean-de-Luz, les «canadelles» et le «bendel» des filles basques, ayant «un tabourin (tambourin) en manière de crible auquel y a force sonnettes»; à Nantes, «le trihori de Bretagne et les guidelles et le passe-pied et le guilloret». La Cour a ici et là des spectacles exotiques; le Nouveau Monde est à la mode463. Les gens de Troyes, qui cependant vivent loin de la mer, avaient, pour l'entrée solennelle de Charles IX, fait marcher avec une troupe d'hommes «habillés en satires» une autre troupe déguisée «en sauvaiges». Bordeaux, qui est un port, tint avec plus de raison à montrer «grand nombre de sauvages de toutes sortes» défilant avec les compagnies de la ville.