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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Bèze avait deviné les nouvelles dispositions de la Reine. Quand il revint à Genève en mai 1563, il était plein d'une confiance d'où il l'excluait. Grâce à la protection divine, les principaux ennemis de l'Évangile étaient morts ou impuissants; les chefs réformés avaient part au gouvernement. «Telle est, continuait-il, la nature de notre roi (Charles IX) et même de ses frères qu'elle permet à tous les fidèles (pios) d'attendre d'eux de sûrs et grands progrès en piété»435. Mais il ne disait rien de Catherine: silence significatif. Clairement, dans une lettre du 2 juillet, Calvin parlait de la «légèreté» et de «l'astuce» de la Reine, qui ne permettent pas ou si peu d'espérer436. Deux semaines après (19 juillet), il se plaignait qu'elle s'opposât autant qu'elle pouvait à la bonne cause437. Il l'accusait contre toute justice (19 juillet)--c'était après le meurtre du capitaine Couppé--de favoriser l'agitation fanatique de Paris. Sa perfidie, écrivait-il encore au mois d'août, autorisait les ennemis de la Réforme à braver les Édits du Roi. «Dans leur rédaction, le Chancelier se montre très libéral à notre égard, car au fond du cœur il nous est favorable. Mais par les artifices cachés de la Reine toutes les bonnes résolutions prises en Conseil sont éludées»438. Ce revirement de Calvin à l'égard de L'Hôpital est à noter. De dépit, Bèze en revenait à la théorie du parti contre le gouvernement féminin. «C'est le dernier des malheurs écrivait-il le 20 juillet, que celui d'un peuple soumis à l'empire d'une femme, (et d'une femme de cette sorte)»439.

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