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Les privilèges de l'Église gallicane aidaient à couvrir les agissements de la politique modérée. Pie IV ayant cité par devers lui les sept archevêques ou évêques d'Aix, Uzès, Valence, Oloron, Lescar, Chartres et Troyes comme suspects d'hérésie, le Roi repoussa la prétention de la Cour romaine d'évoquer directement la cause sans passer par la juridiction intermédiaire des prélats et métropolitains français426. Il protesta avec plus de vigueur encore quand le Pape menaça la reine de Navarre, Jeanne d'Albret, de la déposer et la priver de ses États si elle ne comparaissait pas dans six mois en personne ou par procureur à Rome pour se purger du crime d'hérésie427. Catherine chargea le sieur d'Oysel de faire entendre au Pape «qu'il n'a nulle auctorité et juridiction sur ceulx qui portent tiltre de roy ou de royne et que ce n'est pas à luy de donner leurs Estats et royaumes en proye au premier occupant et mesmement (surtout) de ladicte royne de Navarre, qui a la meilleure partie de ses biens en l'obéissance du Roy mon dict sieur et filz»428. Pie IV n'osa passer outre. Jeanne d'Albret, dans une lettre à la Reine-mère, confessait «ne jamais pouvoir recognoistre ceste digne faveur dernière et couronnant toutes les autres» et se disait impatiente d'aller la trouver en quelque part qu'elle fût pour lui «baiser les pieds de meilleure affection qu'au pape»429.