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Catherine de Médicis (1519-1589)

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C'était l'entrée en scène de Catherine et la première manifestation publique d'une politique personnelle. Mais les concessions venaient trop tard; les bandes de La Renaudie étaient aux portes d'Amboise. Les Guise, qui n'avaient pas cessé d'armer, dispersèrent, massacrèrent ou livrèrent au bourreau les soldats, gentilshommes, bourgeois et gens «mécaniques» qui marchaient à l'attaque du château. Catherine n'osa pas s'opposer aux exécutions par jugement, qui suivirent les tueries en pleine campagne. Elle estimait certainement criminelle cette façon d'adresser requête au Roi par soulèvement, surprise, assaut et bataille. Mais elle trouva que les Guise outrepassaient la rigueur de la justice. Elle aurait voulu pardonner à un prisonnier qui dans l'un des interrogatoires où elle assista, fit «à demy confesser au cardinal [de Lorraine] sa doctrine estre vraye, mesmes en la doctrine de la Cène». Mais on se hâta de le dépêcher, pendant qu'elle était occupée ailleurs, «de quoy elle fut aulcunement faschée, se disoit-elle, car elle l'avoit jugé innocent». Pour sauver Castelnau, un brave capitaine, dont Coligny et d'Andelot représentaient les «grands services faicts par ses prédécesseurs et par luy à la Couronne et maison de France», «elle fit tout ce qu'elle peut (put) disoit-elle, jusques à aller chercher et caresser en leurs chambres ces nouveaux rois». Le mot doit être d'elle, car elle l'a employé plusieurs fois contre les Guise dans sa correspondance, mais ils «se montrerent invincibles et de fureur irréconciliables». La duchesse de Guise elle-même allait pleurer chez la Reine-mère sur les «cruautés et inhumanités qui s'exercent», car «elles deux ensemble avoient fort privéement devisé de l'innocence de ceux de la religion»224.

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