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Catherine de Médicis (1519-1589)

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L'alliance des mécontents politiques et des novateurs religieux se fit sur la question des droits des princes du sang. Les ennemis des Guise prétendaient qu'en raison de la mauvaise santé du Roi et de la faiblesse de son entendement, il y avait lieu, malgré sa majorité, de réunir les États généraux du royaume et de confier le gouvernement aux princes de son sang, à l'exclusion de tous autres, conformément à leur degré de parenté. Un peu plus d'un mois seulement après la mort d'Henri II, le ministre de l'Église de Paris, Morel, avait exposé à Calvin cette théorie nouvelle de droit constitutionnel. Les gens d'action du parti allaient encore plus loin, comme l'écrivit plus tard Calvin à Coligny212. En septembre ou octobre 1559, car ses indications ne permettent pas de préciser davantage la date de la consultation, «quelqu'un, raconte-t-il, ayant charge de quelque nombre de gens, me demanda conseil s'il ne seroit pas licite de résister à la tyrannie dont les enfans de Dieu estoyent pour lors opprimez, et quel moyen il y auroit. Pour ce que je voyoye (voyais) que desjà piusieurs s'estoyent abreuvez de ceste opinion, apres luy avoir donné response absolue qu'il s'en faloit déporter, je m'efforçay de luy monstrer qu'il n'y avoit nul fondement selon Dieu, et mesme que selon le monde il n'y avoit que legereté et presomption qui n'auroit point bonne issue.» «Il n'y eut pas, continue Calvin, faute de réplique, voire avec quelque couleur. Car il n'estoit pas question de rien attenter contre le Roy ny son authorité, mais de requerir un gouvernement selon les lois du pais attendu le bas aage du Roy.» Et puis, «d'heure en heure on attendoit une horrible boucherie pour exterminer tous les povres fidèles». Mais Calvin répondit «simplement» que s'il s'espandoit une seule goutte de sang, les rivières en découlleroyent par toute l'Europe» et qu'il valait mieux périr «tous cent fois que d'estre cause que le nom de Chrestienté et l'Évangile fust exposé à tel opprobre». Toutefois, il concéda «que si les Princes du sang requerroyent d'estre maintenus en leur droit pour le bien commun, et que les Cours de Parlement se joignissent à leur querele, qu'il serait licite à tous bons sujects de leur prester main forte». L'homme alors demanda: «Quand on auroi induit l'un des princes du sang à cela, encore qu'il ne fust pas le premier en degré, s'il ne serait point permis». Mais, ajoute Calvin, «il eut encore response négative en cest endroit. Bref je luy rabbati si ferme tout ce qu'il me proposoit que je pensoye bien que tout deust estre mis sous le pied»213.

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