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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Comme elle craint de déplaire! Et cependant, à la même époque, elle montrait quelque velléité de rompre avec ses habitudes d'effacement. Elle osa se plaindre de la façon dont le Roi, partant en campagne, avait organisé le gouvernement126. Il l'avait déclarée régente (25 mars 1552), mais au lieu de lui conférer pleine et entière autorité, comme c'était l'usage et comme il le lui avait promis, elle se découvrit pour compagnon le garde des sceaux, Bertrandi, une créature de Diane. Ainsi que l'écrivait au Connétable le sieur du Mortier, Conseiller au Conseil privé, c'est Bertrandi lui-même qui avait fait réformer le pouvoir de la Reine, lors de la première lecture qui en fut faite au Roi, «pour s'y faire adjouster au lieu même qu'il est nommé»127, hardiesse qu'assurément, on peut le croire, il ne se fût pas permise s'il n'y avait été poussé par la toute-puissante favorite. En outre, les affaires occurrentes devaient être délibérées avec «aucuns grands et notables personnages» du Conseil privé, qui donneraient leur «avis pour y pourvoir». Ainsi la Régente partageait avec le garde des sceaux la présidence du Conseil privé, et dans le Conseil les décisions seraient prises à la majorité des voix. Pour plus de complication, Catherine était autorisée--avec l'avis du Conseil--à lever les troupes que le besoin requerrait pour la défense du royaume; et l'Amiral de France--c'était alors Claude d'Annebaut128--avait charge lui aussi de s'occuper des mêmes choses concernant le fait de la guerre, dont il lui serait toujours «conféré et communiqué». L'Amiral ne savait comment concilier ses attributions avec celles du Conseil privé et du Garde des sceaux.

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