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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Catherine avait pour l'infidèle, son mari et son roi, une tendresse mêlée de respect. Plus tard, au commencement de sa régence, en pleine période d'incertitude et de trouble (7 décembre 1560) elle rappelait à sa fille Élisabeth, reine d'Espagne, le temps où, disait-elle, je n'avais «aultre tryboulatyon que de n'estre asés aymaye (aimée) à mon gré du roy vostre père qui m'onoret plus que je ne mérités, mais je l'aymé tant que je avés toujours peur»107. Elle avait toujours souffert du partage, et quand Henri fut devenu roi, elle en souffrit plus encore, mais pour d'autres raisons. Henri II était aimable et plein d'égards pour sa femme. A son avènement, il lui avait assigné deux cent mille francs par an et retenu à son service «trop plus de femmes qu'il n'y avoit du vivant du feu roy, que l'on dit excéder d'un tiers»108. Mais personne n'ignorait que Diane avait la première place dans son cœur et sa faveur. Lorsqu'il fit son entrée solennelle à Lyon, en 1548, 23 septembre, les consuls, bons courtisans, imaginèrent de le faire recevoir, au portail de Pierre Encize, par une Diane chasseresse, qui menait en laisse un lion mécanique «avec un lien noir et blanc», les couleurs de la favorite109. Une Diane figurait aussi au fronton de l'arc triomphal dressé à la porte du Bourg-Neuf. Le lendemain, quand la Reine fit son entrée (24 septembre), la Diane arriva encore avec son automate qui «s'ouvrit la poitrine montrant les armes» de Catherine «au milieu de son cœur, et, à l'heure», elle «luy dit quelques vers». La Reine «lui ayant fait la révérence» passa outre et s'attarda ailleurs à des symboles plus plaisants. Dans les fêtes que donna le cardinal Jean du Bellay à Rome pour la naissance du quatrième enfant du roi (en mars 1549) un défilé de nymphes précéda le tournoi. «Desquelles, raconte Rabelais, témoin oculaire, la principale, plus éminente et haute de toutes autres représentant Diane portoit sur le sommet du front un croissant d'argent, la chevelure blonde esparse sur les épaules, tressée sur la teste avec une guirlande de lauriers, toute instrophiée de roses, violettes et autres belles fleurs»110. Lors du sacre de la Reine à Saint-Denis (juin 1549), Diane de Poitiers marchait à sa suite en compagnie des princesses du sang111.

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