Note (retour) — Front matter (continued 2)
Reading edition
Quand Philippe II apprit l'exécution sanglante qui sauvait les Pays-Bas espagnols et le catholicisme français, il montra «contre son naturel et coustume tant d'allegrie qu'il l'a faict plus magnifeste que de toutes les bonnes advantures et fortunes qui lui vindrent jamais». Il reçut en audience l'ambassadeur de France, Jean de Vivonne, sieur de Saint-Gouard, et, le voyant approcher, «il se prist à rire»--ce fut peut-être l'unique fois de sa vie en public--et dit de Charles IX «qu'il n'y avoit roy qui ce peut (pût) faire son compaignon ne an valleur ne an prudance». Il ne parvenait pas à cacher son «grand plaisir», mais, pour n'avoir pas à s'acquitter du service qu'on venait de lui rendre sans le vouloir, il affectait d'admirer le désintéressement de si «haultes entreprises», «tantost louant le filz d'avoir un telle mère,... puis la mère d'[avoir] un tel filz»615. Catherine triomphait des acclamations du peuple et des compliments des princes. «Suis-je, demandait-elle à l'envoyé du duc d'Albe, aussi mauvaise chrétienne que le prétendait don Francès de Alava?... Beatus qui non fuerit in me scandalizatus»616.