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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Élisabeth était reconnaissante au prince, étant sa marâtre, de l'affection qu'il lui témoignait. «L'aubligation que je luy ay, écrivait-elle à l'ambassadeur de France, le jour même de l'arrestation, et la peine en laquelle est le Roy pour avoir été contraint de le tenir et mettre comme il le tient, m'ont mise de façon que j'ay craint de ne le vous savoir compter (conter) comme j'eusse voulu.» Et d'ailleurs Philippe II, qui vient de lui dire ce qu'il a fait, lui a «commandé de n'escrire tant qu'il me dye». Elle ne se ressentait moins, ajoutait-elle, de l'infortune de son beau-fils, que s'il eût été son propre fils. Cette sorte de mère adoptive parle avec une sincérité touchante de leurs rapports: «... Si je le désirois, c'estoit pour faire service», ce qui signifie assurément qu'elle s'employait à le réconcilier avec le Roi son mari. Mais elle n'y avait pas réussi. «Dieu a voulu qu'il est déclaré ce qu'il est, à mon grand regret.» Le même ambassadeur écrivait à Catherine: «La Royne s'en passionne et en pleure pour l'amour de tous deux»569, (c'est-à-dire du père et du fils). Il y a loin de cette compassion si naïve à une tendresse coupable. Quel autre sentiment que la pitié pouvait inspirer à la douce jeune femme ce blême adolescent, maladif et contrefait, avec une épaule trop haute et une jambe trop courte, enragé de se marier et qui s'appliquait, sans beaucoup de succès, à faire la preuve de sa virilité, «un demi-homme naturel», disait moqueusement l'ambassadeur de France.

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