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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Mais le moment n'était pas venu de mettre à la raison les communes. «Estant les affaires, comme elles sont à présent... il faut bien regarder à les apaiser». A Montélimar, le même jour qu'elle célébrait les mérites de la noblesse, elle prit à part le vice-sénéchal de la ville, Jacques Colas, ancien recteur de l'Université de Valence, l'organisateur d'une Ligue de la paix contre les protestants et l'un des meneurs du tiers aux derniers États du Dauphiné. «C'est, dit-elle, ung esprit presumptueux et fol duquel les sieurs de la noblesse ont avec occazion fort grande jalouzie»1004. Mais elle jugeait bon de le ménager à cause de son influence. Les clients de la Cour ne lui prêtaient pas toujours l'aide qu'elle aurait pu attendre d'eux. Un neveu de Monluc, l'évêque de Valence (Charles de Gelas de Léberon), «pour craincte qu'il a comme ausy ont tous les principaulx de ce païs desdictes ligues et communes, faict le moins qu'il peut chose qui leur puisse déplaire»1005. Les villes, alarmées de sa déclaration de Montélimar ou de son escorte de gentilshommes, se concertaient et prenaient leurs précautions. A Valence, «les gens de guerre au moings» ne sortirent pas à sa rencontre et firent «une forte garde toute la nuict», ayant quelque peur qu'avec la noblesse elle ne se saisît de la ville1006. A Romans, où elle coucha, les habitants allèrent au-devant d'elle en nombre et bien armés. Leur capitaine, Pommier, un marchand drapier, lui fit une sommaire harangue de bienvenue, c'est-à-dire un compliment très sec. Pommier «a si grand crédict et autorité parmy ces ligues qu'au moindre mot qu'il dict, il faict marcher tous ceulx de ceste dicte ville et des environs»1007.

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