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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Le roi de Navarre était allé au-devant de sa belle-mère et de sa femme jusqu'à La Réole. La première entrevue fut cordiale929. On se mit facilement d'accord sur le principe: observation de l'Édit de Poitiers et du traité de Bergerac, restitution des places fortes indûment occupées. Mais quand il en fallut venir à l'application, les difficultés commencèrent. Les protestants détenaient plus de deux cent neuf villes, villettes ou châteaux forts dont ils ne voulaient pas se dessaisir930. Le roi de Navarre était disposé à exécuter loyalement les articles de la paix et il savait bien pour quelles raisons très intéressées tant de capitaine huguenots, et par exemple Merle, qu'il qualifiait de «larron», se montraient si difficiles. Mais il devait compter avec son parti, qui était ardent et soupçonneux, et lui-même n'était pas sans griefs et sans rancunes. Quand il se trouva en présence du maréchal de Biron, il lui parla «plus brusquement, écrit la Reine-mère, que nous ne pensions», ma fille et moi, «dont ledict sieur mareschal monstra d'estre fort en collere». Les deux Reines et le cardinal de Bourbon eurent de la peine «à les accorder tellement quellement»931, c'est-à-dire plutôt mal que bien. Catherine appréhendait par-dessus tout que son gendre, dont elle mésestimait l'intelligence et le patriotisme, ne s'entendît avec le roi d'Espagne par peur du roi de France. Elle n'était pas trop surprise qu'il eût envoyé un de ses serviteurs les plus confidents, Clervaut, à Casimir. Mais elle se préoccupait beaucoup d'une lettre qu'il avait écrite à D. Sancho de Leyva, vice-roi de la Navarre espagnole, et des «visitations» qu'il avait envoyé faire en Espagne932. Elle avait hâte de couper court à toutes ces trames par une prompte paix.

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