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Pour l'assagir, elle pensait bourgeoisement à le marier. Elle lui expédia le maréchal de Cossé, l'un des chefs des politiques, avec un mémoire où elle passait en revue les princesses de la chrétienté qu'il pouvait épouser. Il y en avait quelques-unes qu'elle ne citait que pour mémoire: la fille d'Auguste, électeur de Saxe, un prince mal disposé pour la Maison de France et qui d'ailleurs, étant un luthérien, ne saurait empêcher la formation des armées allemandes d'invasion, en général calvinistes;--la princesse de Clèves dont le père, ayant un fils malsain et deux autres filles mariées, pourrait donner le «païs de Gueldres», mais peut-être pas tout de suite, et d'ailleurs la Gueldre était bien loin:--la princesse florentine, qui n'aurait pour tout apport que de l'argent. Mais elle recommandait une autre Italienne, la fille du duc de Mantoue. Outre qu'elle était fort belle, elle recevrait peut-être en dot le Montferrat, et le Montferrat joint au marquisat de Saluces dont le Roi gratifierait le Duc en le mariant, constituerait à celui-ci un bel État, qu'il pourrait agrandir grâce aux alliances de sa femme avec tous les princes et potentats d'Italie, surtout advenant la mort du roi d'Espagne qui était «avancé en age et moribond»915. Mais le parti de beaucoup le plus avantageux serait une des infantes, si Philippe II «bailloit» à son gendre la Franche-Comté et s'engageait à lui céder en échange les Pays-Bas ou le duché de Milan dès qu'il aurait des enfants, ce qui veut dire des garçons dans la langue de Catherine. Henri III et elle «embrasseront» même «fort volontiers» l'idée d'un mariage avec la sœur du roi de Navarre916.