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Catherine de Médicis (1519-1589)

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Catherine était en conséquence décidée à payer au plus haut prix son alliance ou sa neutralité. Mais il lui fallait convaincre le Roi de la nécessité des sacrifices, et elle y trouvait bien des difficultés. Les négociations de 1576 avec Monsieur font date dans son histoire. Les critiques contre sa faiblesse ou sa complaisance avaient fait impression sur Henri III, jaloux et fier, dont l'orgueil royal avait été cruellement éprouvé et qui doutait d'être, comme il l'avait cru jusqu'alors, l'enfant «uniquement chéri». Dans la séance d'ouverture des États généraux de Blois, tout en donnant «des louanges immortelles» à la «vigilance, magnanimité» et «prudence» de sa mère, il avait parlé des tourmentes de sa «minorité», quoiqu'il eût à son avènement vingt-deux ans, en homme décidé à prendre lui-même à l'avenir le «gouvernail»903. «Il y a bien douze ans, disait en 1588 Catherine, que mon fils n'écoute plus mes conseils...»904. Elle exagérait assurément. Son fils continuait à l'aimer et l'estimait plus capable que personne de conduire les grandes affaires. Il revenait à elle en toutes ses difficultés comme à une mère très tendre et au serviteur le plus sûr. Par habitude de paresse ou quand il était malade, il lui abandonnait même toute la charge du gouvernement, mais il l'y contrecarrait souvent et lui faisait sentir toujours que c'était par délégation. Désormais, elle fut obligée de rendre compte de ses actes, d'expliquer sa politique ou de ruser et biaiser. Son règne était bien fini; elle tombait au rang de principal ministre.

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