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L'assemblée générale de la Ville de Paris, dans ses doléances au Roi de 1575, avait protesté déjà contre «les grandes daces et impositions nouvellement inventées ès fermes desquelles on n'a jamais voullu recevoir les naturels François», et elle concluait par ce sérieux avertissement: «Comme vous avez la domination sur vostre peuple, aussy Dieu est vostre supperieur et dominateur, auquel debvez rendre compte de vostre charge. Et sçavez trop mieulx, Sire, que le prince qui lève et exige de son peuple plus qu'il ne doibt alliene et perd la volunté de ses subjects de laquelle deppend l'obéissance qu'on luy donne»899. En 1578, l'orateur des États de Normandie, Nicolas Clérel, chanoine de Notre-Dame de Rouen, représentait au lieutenant général du Roi «les povres villageois de Normandie ... maigres, deschirez, langoureux, sans chemise en dos ny soulier en pieds, ressemblans mieux hommes tirez de la fosse que vivans», et il s'écriait: «Se souviendront point les inventeurs des Édits pernicieux à l'Estat du Roy et repos public que Dieu qui est par dessus les Roys les peut confondre en abisme comme il sait bien, quand il luy plaist, transférer les royaumes et monarchies où l'iniquité abonde et la justice est ensevelie, ainsi qu'il menace en Osée, chap. 13: Aufferam, inquit, regem in indignatione mea». Je vous ôterai votre roi dans ma colère (Osée. XIII)900. Nicolas Boucherat, abbé de Cîteaux, porte-parole des États de Bourgogne (mai 1578), ne craignit pas de rappeler à Henri III que Roboam avait, par «une aigre et dure réponse» aux plaintes de ses sujets, perdu l'obéissance de dix tribus901.