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Ce devaient être des préliminaires de paix; mais Ruffec, gouverneur d'Angoulême, et La Châtre, gouverneur de Bourges, faisaient difficulté de se dessaisir de ces places fortes avant d'avoir obtenu «récompense». Les populations des villes se disaient résolues «de s'exposer plustost à tous les dangers du monde»864 que de recevoir des garnisons de malcontents et de se laisser désarmer. Cependant Condé et le comte palatin, Jean Casimir, avec les auxiliaires qu'ils avaient soudoyés en Allemagne et en Suisse, poursuivaient leur route et se rapprochaient de la frontière de France sans se soucier de l'accord de Champigny. A la Cour, les adversaires de la trêve accusaient, et même très «haut»865, la Reine-mère d'avoir tout accordé au Duc contre la promesse qu'il ne pouvait pas tenir, même s'il l'eût voulu, d'arrêter la marche des envahisseurs. Elle en voulait surtout à La Châtre d'avoir, en quittant Bourges, livré la citadelle aux habitants «pour tout rompre et soubs hombre de bon serviteur et fidel, come set (si) je vous euse en cet faysant tréi (trahi).» Elle demandait au Roi réparation de cette conduite, qui était pour elle un outrage. «Sy vous ne lui fayte santir et aubéir, je vous suplie me donner congé que je m'en elle (aille) en Auvergne (dans ses domaines patrimoniaux) et je auré dé jeans de bien aveques moy pour, quant tous vous auront tréy et désobéi, vous venir trouver si bien aconpagnée pour vous fayre haubéyr et chatier lors cet (ces) petis faiseurs de menées»866. Il fallait qu'elle fût bien en colère pour poser la question de confiance, et sur ce ton. Elle se défendait verbeusement d'avoir été dupe867. Était-ce sa faute si Ruffec et La Châtre avaient par leur refus empêché la signature d'une paix définitive? N'avait-elle pas sans cesse d'ailleurs recommandé à son fils de négocier et d'armer tout à la fois, tandis que ceux qui le poussaient à la guerre le voulaient faible comme en temps de paix. «Je suis si glorieuse écrivait-elle à Henri III, que je panse vous avoir faict un comensement, s'il ne m'eult aysté ynterrompu, du plus grent servise que jeamès mère fist [à] enfans»868. Elle insistait sur la nécessité de traiter à tout prix. «Je vous en suplie et aufrir à Casimire pansion et jeuques ha dé téres (jusques à des terres) en cet royaume»869. Pour le décider à tous les sacrifices, elle lui citait en exemple le plus habile de ses prédécesseurs, dont les fautes, qu'il sut si bien réparer, prêtaient à comparaison.... «Vous soviegne (vous souvienne) du Roy Lui unsième qui donné (donna) tout cet qu'il avoyt au duc de Borgogne sur la rivière de Summe; yl fist conestable le conte de Saint-Pol qui menoyt l'armaye contre lui...» C'est ainsi qu'il «sortit deu mauvès passage au (où) yl estoit entrè par le consel de ceux qui volouint (voulaient) mal à son frère et qui avoynt aysté cause qu'il n'avoist à son avènement alla corone fayst cas de sa noblesse ni dé vieulx serviteur de son père, qui se retirère (se retirèrent, passèrent) tous à son frère; car yl ne fesoit cas que de bien peu». Il «feust en la même pouine que vous aystes et si (ainsi) donna une batalle; car ceux qui estoyent auprès de lui et de son frère ne voleuret au comensement qu'i (il) fist la pays (paix) et après la batalle feust constreynt de la faire et plus désavantageuse que auparavant. Guardé que ne vous avyegne (advienne) de mesme...870»