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Catherine de Médicis (1519-1589)

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A Paris, elle avait son logement au Louvre, mais, dès le temps de sa régence, elle se préparait une résidence qui fût toute à elle, pour s'y retirer quand Charles IX, majeur et marié, prendrait le gouvernement de l'État et de la Cour. Elle acheta de Villeroy le lieu dit des «Thuileries», sur la rive droite de la Seine, hors de l'enceinte de la ville, mais tout contre la Porte-Neuve, et elle y ajouta en 1564 le «Jardin des Cloches». Philibert de L'Orme lui dressa le plan d'un palais à l'italienne: un quadrilatère fermé avec cours intérieures, mais dont la façade s'ouvrait à la française sur des jardins. Mais il n'eut que le temps de construire celui des grands côtés qui faisait face à l'Ouest. Le manque d'argent, la recrudescence des troubles, et l'intérêt qu'avait Catherine à rester au Louvre, près de son fils, la détournèrent d'achever l'œuvre. D'ailleurs, ce qu'elle voulait, c'était moins un palais qu'une villa à l'italienne753, avec jardins, grottes, eaux courantes et eaux jaillissantes. Les Tuileries furent l'un et l'autre, un château adossé à la ville, où elle ne résida pas, mais où elle se promena, donna des banquets et des fêtes. Le jardin était, raconte un ambassadeur suisse, qui le visita en 1575, «très vaste et tout à fait riant... traversé par une longue et large allée», qui était bordée de grands arbres, ormes et sycomores, «pour fournir un ombrage aux promeneurs». Il s'y trouvait un «labyrinthe fait de main d'homme et combiné avec un art si merveilleux qu'une fois entré il n'est pas aisé d'en sortir»; des fontaines, c'est-à-dire des nymphes et des faunes, couchés, versant l'eau de leur urne754; et aussi «une façon de rocher» incrusté d'ouvrages en poterie (ex opere figulinario), serpents, coquillages, tortues, lézards, crapauds, grenouilles et oiseaux aquatiques de toutes sortes, qui «répandaient de l'eau par leur bouche»755. C'était une grotte artificielle--encore une importation italienne dont le cardinal de Lorraine avait donné le premier spécimen dans son château de Meudon--, mais que Catherine avait commandée à un Français, Bernard Palissy l'inventeur des «rustiques figulines» émaillées756. Mais cet ouvrage, que le représentant des Cantons déclarait «merveilleux» menaçait déjà ruine, et à la mort de Catherine il était tout ruiné. Les desseins de la Reine-mère dépassaient toujours ses ressources.

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