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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — SECONDE PARTIE

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Le R. P. Thébaud, maintenant Recteur du Collège de Frodham aux Etats-Unis, écrivait en 1843: «la France n'a pas assez connu et apprécié les efforts de ce grand homme. Je n'ai pu trouver son nom dans aucun écrivain de notre nation: il était réservé aux Anglais et aux Américains, ses ennemis, de lui rendre justice. Après la mort du marquis de Montcalm, après les victoires de l'anglais Wolfe sous les murs de Québec, et de l'américain Washington devant le Fort Duquesne, quand les affaires des Français semblaient désespérées en Amérique, le Sachem Outaouais forma le plan de surprendre à la fois par un coup de main onze Postes militaires occupés par la Grande-Bretagne. Trois seulement, Niagara Pittsburg et Détroit résistèrent. Pontias assiégea Détroit, le plus important de tous. Il sut, chose étonnante, retenir ses inconstans compatriotes pendant une année entière sous ses murs 125. En vain la nouvelle de la paix de 1763 arriva en Amérique. Il continua le siége jusqu'à l'abandonnement entier du Canada par la France. Alors, resté seul sur le champ de bataille, à la tête de sa nation, n'ayant pas même pour sa protection personnelle le plus petit article d'un traité conclu à deux mille lieues de son pays, il s'enfuit à travers les bois comme un Indien ordinaire, et se réfugia chez les Illinois, parce qu'ils étaient les plus sincèrement attachés aux restes du parti français. Depuis il succomba dans une querelle particulière avec un Peoria, et telle était l'admiration de ces peuples pour ses talens et sa bravoure, que toutes les autres tribus s'unirent comme dans une croisade contre ceux qui l'avaient laissé périr. Les Peoria furent presqu'exterminés, et la France, qui dédie des palais à toutes ses gloires, n'a pas élevé de monument à Pontias.

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