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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note 155 — SECONDE PARTIE

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Note 155: (retour) Il y a eu deux hommes au coeur bien fait, Legouvé et Aimé Martin. Si ce dernier a censuré nos peuplades, c'est que, peut-être il n'avait ouï parler que des Chippeouais ou des Sioux, ou qu'il s'imaginait que les habitans de nos forêts devaient bien être aussi barbares que des Français. Il s'est heureusement trompé. Si Aimé Martin eût lu le général Milfort, son compatriote, que les Séminoles firent Sachem, son coeur n'aurait pas ici chagriné comme il a du l'être quand il citait «le Périgord, où la femme croupit dans un état de saleté et d'abjection qui réagit sur toute la famille, la Picardie et le Limousin où, repoussées au dernier rang comme une race inférieure, les femmes servent leur mari à table sans jamais prendre place à son tôté, la Bresse, où elles sont manoeuvres, bêtes de somme et de labour, la Basse-Bretagne enfin, où l'homme, la femme et les enfans mangent le blé dans la même auge avec leurs pourceaux. Paris est un peu plus civilisé que la France. Là tout semble se rapporter aux femmes, mais ce n'est qu'une apparence; et sous ce rapport on a regretté que les lis ne filassent pas. J'aime bien mieux nos tribus. Un peu plus familières avec la nature que les Européens elles tenaient que l'enfant suit la caste de sa mère. Chez les Pequots, les Narraghansetts, les Pohatans et les Massachusetts, les femmes parvenaient au rang suprême, et, chez les Hurons et les Iroquois, elles étaient entourées d'un respect plus réel qu'à Paris.

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