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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — SECONDE PARTIE

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Une ambassade à Washington, fournit à Siquayam une occasion heureuse d'observer une civilisation et des arts, que son génie naturel était fait pour comprendre et apprécier. Les plus sages d'entre les Chérokis attribuaient un pouvoir surnaturel aux instrumens à l'aide desquels nous fabriquons ces feuilles parlantes 143, pour eux incompréhensible merveille. Tout ce que l'on en disait n'excitait pas moins leur surprise que leur admiration: c'était depuis longtems l'objet des méditations de Siquayam. Son esprit moins crédule et plus réfléchi que celui de ses compatriotes, entreprit de percer ce mystère. Ses efforts furent couronnés d'un entier succès. Un longue indisposition l'ayant forcé de garder la cabane pendant une saison entière, la solitude dans laquelle il se trouve, et l'inaction à laquelle il se vit réduit, le servirent admirablement bien dans cette occasion, en lui permettant de se livrer avec toute la tranquilité désirable, à la recherche des moyens de procurer à sa nation le bienfait de l'écriture. Il commença par distinguer soigneusement tous les sons de sa langue. Cette première opération devenait difficile par les différentes nuances de prononciation, qui sont si nombreuses dans tout idiome qui n'est point fixé. Pour l'exécuter avec le plus de perfection possible, il soumit ses enfans à des épreuves réitérées. Quand il se crut assuré de la justesse de ses observations, il s'occupa du moyen de représenter ces sons par des signes. Il choisit d'abord des figures d'oiseaux et de divers animaux, et affecta à chacune l'idée d'un son. Main bientôt, trouvant dans cette méthode trop de difficulté, il abandonna ces images, et inventa d'autres signes. Il en créa d'abord deux cents, puis voyant que ce nombre rendrait l'écriture trop compliquées, il les réduisit à quatre-vingt-deux, aidé de sa fille, qui le seconda merveilleusement dans ce travail. Il ne s'occupa plus qu'à perfectionner les signes qu'il avait inventés, afin de les rendre faciles à tracer et à distinguer. Il n'avait d'abord, pour graver ses caractères sur l'écorce, d'autres instrumens qu'un couteau et un clou; mais il connut plus tard l'encre et les plumes, et les choses devinrent dès lors plus faciles.

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