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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — SECONDE PARTIE

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Ce Chef passait pour le meilleur ami des blancs, et ceux-ci le firent succomber sous le poids du malheur. Un vol ayant été commis sur l'Ohio, en 1774, on en accusa les sauvages, et sans aucune preuve à l'appui de cette présomption, le colonel Crésap, homme dont la mémoire demeure entachée d'infamie, s'avança sur la Kenhaoua. Un canot conduit par un seul homme, mais chargé d'une femme et de plusieurs enfans, venait de la rive opposée. Crésap se cacha dans les buissons avec sa bande, et lorsque la troupe innocente fut descendue à terre, il commanda de faire feu, et il n'y eut que le guerrier que le fer épargnât. La famille du Chef Cayougué venait d'être massacrée. Il n'interrompit les transports de sa douleur que pour venger son sang d'une si barbare cruauté. Il leva la hache de guerre, conduisit sa tribu au combat avec les Shaouanis et les Delawares, et engagea l'aile gauche de l'armée de lord Dunmore, sur les bords de la Kenhaoua, le 10 octobre. Huit cents sauvages avaient en tête mille Virginiens. Le colonel Lewis fut tué au premier choc, en combattant à la tête de la milice d'Augusta, qui plia devant les Delawares. Le colonel Fleming fut tué en fesant avancer les miliciens de Bedford. En vain le colonel Field ramena-t-il à la charge la légion d'Augusta: il tomba aussi, et sa troupe perdit du terrein. Le capitaine Shelby prit le commandement et poussa enfin les sauvages, mais en retraitant, ils trouvèrent un terrein avantageux, d'où l'on en put les déloger, et la nuit seule mit fin au combat. Les virginiens eurent trois colonels, quatre capitaines, dix officiers inférieurs et cinquante soldats tués, sans compter les blessés. Lord Dunmore parla de paix, et le héros de la Kenhaoua prononça à cette occasion le discours suivant, que l'on regarde comme le chef-d'oeuvre de l'éloquence sauvage 129.

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