Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE
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On n'avait pas renoncé en France au projet de fonder un établissement, et même un gouvernement en forme en Amérique. Au commencement de 1598, le roi Henri IV, vainqueur de toutes les factions et tranquille possesseur de son royaume, nomma son lieutenant-général en Labrador, Terre-Neuve, Canada, Hochelaga, Saguenay et Norembègue, Troïlus du Mesgouets, marquis de La Roche et de Cotenmeal. Autant les titres de cet envoyé étaient pompeux et vains, autant son voyage fut malheureux. M. de Champlain eut plus de bonheur. Ce capitaine arrivé en 1603, trouva la condition du pays bien changée. L'intéressant peuple de Stadaconé n'était plus. Celui d'Hochelaga avait disparu de même 48; et cela n'a rien de problématique, si l'on s'en rapporte à la tradition qui suppose une invasion d'Iroquois. Les Algonquins, les Souriquois, les Armouchiquois et les Montagnais se trouvaient alors réunis dans la partie reconnue de ces régions, mais ils n'osaient ensemble résister à ces terribles ennemis, ni s'avancer jusques aux Trois-Rivières où M. de Champlain voulait bâtir un fort, «pour le bien de ces nations, à cause des Iroquois qui tiennent toute la rivière du Canada bordée.» On venait pourtant de remporter sur eux un avantage assez considérable, aidés des Etchemins, peuple qui habitait près de la rivière de son nom, et de l'Ouigoudy, dans le Nouveau-Brunswick. Les Armouchiquois tenaient le présent état du Maine, et les Souriquois, ce peuple aux moeurs douces et décentes, la presqu'île acadienne. Les chefs de ces peuplades s'appelaient Sagamos, ce qui veut dire seigneur souverain. Membertou commandait alors aux Souriquois, Tessoat aux Algonquins, et Anadabijou aux Montagnais.