Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE
Reading edition
ELIZABETH marchant sur les traces du Solomon de l'Angleterre, qui songea le premier à fonder la richesse de sa nation, accorda, en 1578, à Sir Humphrey Gilbert, des lettres patentes, en vertu desquelles il était autorisé «à faire le découverte et à prendre possession de toutes terres inconnues ou habitées par des tribus sauvages, mais non occupées par des nations chrétiennes» 44. Ayant donc formé un armement considérable, ce général aborda à Terre-Neuve, où les naturels lui présentèrent des minerais du pays; mais il ne séjourna pas en Amérique. Amidas et Barlow, que l'auteur du poëme de la Navigation 45 mentionne avec distinction dans ses vers, naviguant aux frais de Sir Walter Rawleigh, prirent route par les Canaries, en 1584, et aperçurent le pays qu'ils cherchaient; ou plutôt, le rivage s'annonça à eux par le doux parfum des plantes qui le couvraient. Ayant débarqué sur ce site délicieux, ils en prirent possession au nom de sa très-excellent Majesté, et du preux chevalier qui les envoyait. On parcourut en tous sens un petit paradis terrestre que l'on reconnut pour une île: elle s'appelait alors Ouococon, dans la langue du pays, et aujourd'hui Oracook. Le pin y abondait avec la délicieux sassafras 46, et le cyprès rivalisant avec ceux qui, du haut de l'Ida, se réfléchissaient dans les eaux du Simoïs. Les daims se montraient aussi en grandes troupes, mais ce séjour semblait étranger aux humains.