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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE

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Satouriona accueillit cet officier à son débarquement, et le conduisit à un petit monument élevé par les gens de Ribaut, et que les sauvages avaient environné de lauriers 37. Il donna aux nouveaux venus un lingot d'or en signe d'alliance, et assura que cette matière se prenait à la guerre contre un puissant Paraousti, nommé Thimogana. Laudonière se ligua avec Satouriona, et lui fût toujours demeuré fidèle, s'il eût pu lui donner de l'or à souhait; mais il fallait courir les chances de la guerre. Olata était plus important, et se trouvait à la source des richesses: on alla jusques à refuser au fidèle Satouriona le secours de quelques Français contre ses ennemis. Le valeureux Chef combattit seul, et remporta sur Thimogona, une signalée victoire, secondé de son fils Athore, et de ses lieutenans Arpalou et Tocadecourou. Il vint en triomphe, menant avec lui vingt-quatre prisonniers, et, selon la coutume du pays, les guerriers érigèrent un trophée. Les Français qui ne les avaient pas voulu suivre, voulurent cependant avoir part dans le résultat: ils demandèrent deux des captifs, et ne les ayant pas obtenus, ils les enlevèrent de force. C'était afin de mieux faire leur cour au grand Olata, auquel ils les envoyèrent avec une ambassade dont le sieur d'Arlac, et les capitaines Vasseur et d'Ottigny étaient chefs. Le Paraousti Molona les reçut sur la frontière de l'empire sauvage, et débita une harangue dans laquelle il s'efforça de donner une haute idée de la puissance de son maître, et proposa une ligue offensive contre les Paraoustis Satouriona, Potavou, Onastheaqua et Oustaqua. Nos ambassadeurs, qui avaient ordre de ne rien refuser à l'intérêt, répondirent qu'on leur avait commandé de suivre le «monarque» partout où il les conduirait. Ils furent alors conduits à la résidence d'Olata, qui les reçut assez bien, mais parut plus empressé de profiter de leur secours, que de les fêter. Les officiers s'étant mis à sa disposition avec vingt-cinq arquebusiers, il partit brusquement avec sa suite et ses gardes, envoyant des coureurs pour assembler les guerriers sur sa route. Voici l'ordre dans lequel on marcha: Olata se trouvant à la tête de seize cents guerriers, sans compter les arquebusiers, qui étaient comme les soldats de Xénophon dans l'armée du jeune Cyrus, cent sauvages se rangèrent en cercle autour de sa personne. Deux cents hommes, à une petite distance, formaient un second cercle, trois cents en fesaient un troisième, et ainsi de suite. Cette armée avançait dans cet ordre et sans se déranger, précédée par des troupes d'éclaireurs. On fit un prisonnier. Olata se voyant découvert voulut consulter son devin, Iarva, sur la position et la force de l'ennemi. Ce jongleur, vieillard accablé d'années, s'agenouilla, traça sur le sable quelques caractères informes, murmura des mots entrecoupés 38, se fatigua par de violentes convulsions, et, reprenant haleine, il déclara le nombre des ennemis et le lieu où ils étaient campés. Olata, apprenant que Potavou et ses alliés l'attendaient de pied ferme, avec deux mille guerriers, parut disposé au retour, mais M. d'Ottigny releva par des complimens l'ardeur martiale de sa hautesse, et l'on continua d'avancer. La victoire fut complète, mais les sauvages ne la poursuivent pas. Le vainqueur rebroussa, traînant à sa suite une multitude considérable de captifs. Il dépêcha des coureurs à tous les Paraoustis pour les prévenir de le venir trouver sur son passage. Il en vint un très grand nombre, et l'on célébra la victoire avec somptuosité. S'il y avait eu des chevaux et des chars, les Français eussent été témoins des mêmes jeux qu'Achille donna à ses soldats près des vaisseaux Grecs.

Note 37: (retour) Cet arbre a été regardé comme mystérieux par tous les peuples. Les lauriers de la vallée de Tempé servirent à bâtir le temple de Delphes. La ville de Laurente prit son nom d'un laurier planté par le roi Latinus. Pyrrhus égorge le famille de Priam réfugiée près d'un laurier. Le fait cité suffit pour l'Amérique.

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