Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE
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Cependant l'attentat des Français fut le sujet d'une grande tristesse, et durant toute la nuit les sauvages appellaient à grands cris Donnacona. Celui-ci, persuadé par Cartier, se montra sur le pont, et leur dit, qu'il allait au-delà de la mer, d'où il reviendrait chargé de présens après douze lunes; puis par générosité, ou un patriotisme au-dessus de l'éloge, il nomma Agona, son ennemi, régent en son absence. Quatre de ses femmes s'approchèrent alors du navire, et remirent aux Français un grand nombre de colliers «d'esurgni» objet, pour les Canadois, le plus précieux du monde. On mit à la voile le 16 mai, et l'on rencontra à l'île aux Coudres, plusieurs canots venant du Saguenay. Les sauvages ne furent pas peu étonnés du sort de leur chef; mais celui-ci les consola, et ils lui remirent avec dee grandes marques de joie trois paquets de peaux de castor, avec un grand couteau de cuivre rouge 33. On fut à St. Malo, après une traversée de deux mois. Taiguragny voyait le France pour la seconde fois. Donnacona, qui n'était jamais sorti de son pays, mourut peu de temps après son arrivée. «Ce Chef, disent les relations du temps, n'était pas seulement un ancien, qui n'avait cessé d'aller par pays depuis sa connaissance, tant par fleuves et rivières que par terre: c'était encore un homme politique et facétieux, qui voulait éloigner de sa demeurance, un homme suspect, ou rire de sa crédulité.» en cela, il ne fut pas heureux. Il avait dépeint le Saguenay comme peuplé d'hommes vêtus de laine et recélant une quantité prodigieuse d'or et de pierres précieuses. Peut-être le principal motif de Cartier, en le conduisant en France, fut-il de lui faire raconter ces merveilles. En effet, Donnacona tint le même langage dans l'audience qu'il eut de François Ier, qui donna dans ses rêver, et se persuada que le Saguenay était un pays rempli de richesses.