Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE
Reading edition
Quoique Gaboto, amiral de Henri VII, eût parcouru à vue le Labrador: que les compatriotes du citoyen de Bristol eussent, dit-on, découvert le Norembègue, et que Velasco eût, peut-être, remonté le St. Laurent, Vérazani, capitaine de François Ier, parait avoir été le premier qui prit possession de quelques terres dans cette partie de l'Amérique. J'ai parlé de l'hospitalité des naturels qu'il rencontra. Après lui, Cartier paraît. Ce hardi navigateur, reconnaissant l'île de Terre-Neuve, et longeant le Labrador, découvre la baie de Gaspé, et traverse le golfe St. Laurent dans un premier voyage. Ce fut alors qu'il enleva sur la côte deux sauvages considérables venus de Canada 28. Ils se nommaient Taiguragny et Domagaya. Paris vie en eux les prémices d'une race nouvelle, que l'on s'anima de plus en plus à aller reconnaître. Guidé par ces deux chefs, Cartier put pénétrer plus avant dans un second voyage. Il rencontre les pêcheurs du pays à l'embouchure du Saguenay, et, poursuivant sa route, il découvrit la «ville de Stadaconé» sur un vaste amphithéâtre. Un peuple doux et sans méfiance se présenta à lui, et fixa les regards ébahis des Français. Donnacona, qui était le principal chef du pays, fit une harangue de bienvenue, et ses sujets allèrent en grande amitié avec les Européens. S'il m'était permis d'oublier Colomb, je verrais dans Cartier ce Typhis 29 dont parle le poëte; je lui décernerais l'honneur d'avoir lié L'Europe et l'Amérique par un commerce que le temps devait étendre insensiblement.