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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE

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La récompense ou les maux de l'autre vie se trouvent encore plus explicitement dans la croyance de quelques peuplades. Les bons, après leur mort, vont dans un lieu de délices où l'on jouit d'un printems éternel, où ils retrouvent leurs enfans et leurs femmes, où les rivières sont poissonneuses, et les plaines couvertes de leurs chers bisons. Pour les méchans, ils sont transportés sur une terre stérile 19, couverte d'une neige éternelle, où le froid les glacera à la vue des flammes qui brilleront à quelque distance. Une forêt impénétrable sépare ces malheureux de leurs frères fortunés qui foulent les champs toujours verts de la félicité, l'Eden sauvage, d'où la postérité du premier homme a aussi mérité d'être exclue, car voici bien dans la tradition iroquoise sa chute quelque peut dénaturée. «Au commencement, disent-ils, il y avait six hommes. Il n'y avait pas de femmes, et ils craignaient que leur race ne s'éteignît avec eux, lorsqu'enfin ils apprirent qu'il y en avait une au ciel. On tint conseil, et il fut convenu que Hougoaho monterait: ce qui parut d'abord impossible. Mais les oiseaux lui prêtèrent le secours de leurs ailes, et le portèrent dans les airs. Il apprit que la femme avait accoutumé de venir puiser de l'eau à une fontaine auprès d'un arbre 20, au pied duquel il attendit qu'elle vint; et la voici venir en effet. Hougoaho cause avec elle et lui fait un présent de graisse d'ours. Une femme causeuse, et qui reçoit des présens, n'est pas longtems victorieuse, observe judicieusement Lafitau: celle-ci fut faible dans le ciel même. Dieu s'en aperçut, et dans sa colère, il la précipita en bas. Mais une tortue la reçut sur son dos, où la loutre et d'autres poissons apportèrent du limon du fond de la mer, et formèrent une petite île qui s'étendit peu à peu et forma tout le globe.»

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