Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE
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Pour dire quelque chose de plus général sur la première habitation de notre continent, D. Ulloa 7 croit à peine, dit M. Lefebvre de Villebrune, que le Nord-Est de l'Asie ait pu fournir des habitans à l'Amérique. Les voyages du célèbre Cook, et la fuite d'une colonie sauvage américaine qui, pour éviter sa destruction totale, se sauva sur le continent asiatique, prouvent qu'il est mal fondé dans son opinion. Le passage est aujourd'hui connu. Il l'était même des anciens, si l'on peut s'en rapporter à Pline, à qui l'on rend avec raison plus de justice que par le passé. Ses prétendues fables deviendront peu à peu des vérités certaines. Ce qui me donne à penser que, s'il ne faut pas croire sans preuves, il ne faut pas non plus rejetter légèrement. Cet habile naturaliste nous dit donc qu'il avait paru dans les mers de la Germanie des vaisseaux venus des Indes par le Nord. Pourquoi, ajoute-t-on, ces vaisseaux n'auraient-ils pu faire ce voyage, puisque dans le dixième et l'onzième siècle, les habitans du Nord allaient par mer en Amérique, et en revenaient sans s'égarer? L'hypothèse de la population de l'Amérique par l'Asie est encore celle qui sourit le plus au corps des théologiens 8. Malgré sa probabilité, je n'ai voulu que rapporter les opinions des savans, sans me prononcer ouvertement sur aucune; mieux vaut peut-être imiter la modestie d'un ancien, qui a dit: «Quam bellum est velle confiteri potius nescire quod nescias 9.»