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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE

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Sassacus, de retour, conjura la perte des colons. Il destina à cet objet toutes les forces de son pays, et déploya toute sa propre énergie. Les forts furent attaqués dans toutes les directions. Au mois d'octobre, cinq hommes de la garnison de Saybrook furent enlevés, un maître de vaisseau torturé, et le fort si vivement pressé, que les canonniers ne pouvaient laisser leur pièces. Au mois de mars suivant, quatre soldats furent tués et douze matelots furent pris sur la rivière, où aucun navire n'osa plus se montrer. Ne voulant rien négliger pour terminer son ouvrage, Sassacus négocia avec ses anciens ennemis les Narraghansetts, auxquels il proposa une ligue offensive; projet digne de son génie à la fois politique et guerrier. Cananacus, leur Sachem, allait s'unir à lui; mais le célèbre Roger Williams le mit dans le parti Anglais. Les colonies se réunirent en même temps pour dégager celle de Connecticut. Les forces de cet état, réunies à celles de Plymouth et du Massachusetts, repoussèrent les assiégeans, et suivirent les sauvages dans leur pays. Les Narraghansetts, les Mohicans et les Niantics, prirent part à cette lutte, et suivirent l'armée coloniale; ils voulurent même être l'avant garde de cette croisade. Sassacus dut entrevoir alors le jour des restitutions, où il allait se dessaisir forcément de tant de dépouilles. Les tribus humiliées contemplèrent avec une joie sauvage la chute de leurs vainqueurs: ceux-ci vendirent cher leurs vies. Sassacus battu main point défait mit ses forts en défense. Le Major Mason 78, ayant fait entourer le plus considérable par les sauvages alliés, monta à l'assaut avec ses soldats. La résistance était bien préparée; cependant, en moins d'une heure, l'oeuvre de la destruction fut achevée. Des tourbillons de flammes nourries par les assiégeans, et la réflexion de ces pyramides de feu sur les forêts voisines, le bruit des armes à feu, la fureur et les hurlemens des Pequots, les cris des femmes et des enfans offraient un spectacle horrible à voir. Six cents sauvages furent engloutis sous les ruines. Sassacus parut si peu découragé, ou plutôt, ce désastre le mit dans une telle fureur, qu'il poursuivit les Anglais jusqu'à six milles du champ de bataille, à la tête de trois cents archers.

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