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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE (continued 2)

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ADARIO, plus connu sous le nom de Kondiaronk, par les Canadiens surnommé le Rat, c'est-à-dire le Rusé, fut le plus illustre des Sachems hurons. Ennemi juré des Iroquois, il suivit les guerriers de sa tribu dans un grand nombre d'expéditions, et se fit remarquer par une intrépidité extraordinaire et maints faits glorieux, qui l'élevèrent au rang de Grand Chef, et de capitaine au service du roi. Il accompagna le marquis de Denonville avec quatre cents hommes de guerre en 1687, et l'aida à ravager le pays des Iroquois. Dans le temps que Haaskouam 117, un de leurs plus valeureux capitaines, et le général, convenaient d'une trève à Montréal, il continuait à les harceler à la tête d'un gros parti qu'il mena à Cadaracui. Le commandant de ce poste, instruit des négociations que l'on avait entamées, chercha à l'amener à des résolutions pacifiques, et lui signifia que ce qu'il avait de mieux à faire en cette occasion, c'était de reconduire ses guerriers à Michillimakinac; ajoutant qu'il désobligerait infiniment le gouverneur-général s'il fesait le moindre mal aux Iroquois. L'adroit huron eut l'air un peu surpris en apprenant cette nouvelle: il se contint pourtant, et, quoique persuadé que l'on sacrifiait son peuple et ses alliés, il sut dissimuler et ne laissa échapper aucune plainte. Il laissa Cadaracui, donnant à croire aux Français qu'il reprenait le chemin de son pays; mais ayant appris que Teganissoré était en marche avec les députés de sa nation, il s'informa de la route qu'il devait suivre, et alla l'attendre à Kaihohague, où il se mit en embuscade. Il l'aperçut au bout de quelques jours, et fondit sur ses gens comme ils débarquaient de leurs canots. Quoique surpris, Teganissoré se défendit avec tout le courage que l'on devait attendre de lui; mais la partie n'était pas égale, et il fut forcé de se rendre. Quand il demanda à Adario comment il avait pu ignorer qu'il était ambassadeur, ce dernier feignit d'être plus étonné que lui-même, et protesta que c'étaient les Français qui l'envoyaient, en l'assurant qu'il rencontrerait un parti d'Iroquois qu'il lui serait facile de défaire. Pour persuader Teganissoré, il relâcha toute sa suite à l'exception d'un seul qu'il gardait, disait-il, pour remplacer un des siens qui avait été tué dans le combat.

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