Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE (continued 2)
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En Septembre, 1638, Miantonimo fit invité à Boston avec Uncas le Mohican, son ennemi juré. Ce fut surtout dans cette conférence que les colons commencèrent à affecter la supériorité sur les sauvages. Ils se firent reconnaître pour arbitres entre les deux Sachems, et leur firent conclure une paix perpétuelle. Miantonimo est accusé de l'avoir rompue le premier. Il remua toutes les tribus du Connecticut, et fit de grands amas d'armes. Il alla même jusqu'à aposter un assassin pour tuer Uncas. Ce misérable, qui était Pequot, fit une tentative en 1649, et manqua son coup. Il fut arrêté à Boston, et mis en jugement; mais Miantonimo plaida sa cause, et lui obtint sa liberté en promettant de le renvoyer à Uncas. Il ne le fit pas, mais tua lui-même le coupable deux jours après. Un autre incident hâta la guerre. Sequassem, Sachem du Connecticut, ayant tué un Mohican, et poursuivi Uncas à coups de pique, fut cité devant la cour de Boston 82. Il refusa de comparaître, et Uncas fut à la peine de battre ses guerriers. Miantonimo se déclara alors, et poursuivit son rival à la tête de neuf cents guerriers, qui se grossirent des vaincus. Uncas n'avait que quatre cents hommes; il ne chercha pas moins le combat, et les deux partis se rencontrèrent dans une vaste plaine. Le Mohican voyant la force plus que triple de son adversaire, usa de stratagême, et fit part à ses guerriers de son dessein. Il feignit de demander un pourparler. Les deux bandes firent halte, et les deux Sachems s'avancèrent en avant. Uncas dit à Miantonimo: «Nous avons chacun un grand nombre de valeureux guerriers; ils ne doivent pas périr dans une querelle qui nous est personnelle. Viens donc, comme un digne Chef, et battons nous seul à seul.» «Mes guerriers sont venus de loin pour combattre, répondit Miantonimo, et les Mohicans tomberont sous les coups des Narraghansetts.» Il continuait de parler, lorsqu'Uncas se jeta è terre. Aussitôt les Mohicans firent une décharge inattendue de toutes leurs armes, puis si jetèrent sur leurs ennemis avec une furie qui les força de se disperser. La poursuite fut chaude, et les vaincus chassés de roc en roc comme le gibier devant le chasseur. Miantonimo ne put échapper. Quelques-uns des plus braves guerriers d'Uncas l'atteignirent; mais soit qu'ils n'osassent point l'attaquer, ou qu'ils le réservassent à son rival, ils se contentèrent de le cerner. Uncas arriva, et se précipitant sur lui, avec une force vraiment athlétique, il le saisit par l'épaule et le renversa. Miantonimo se dégagea, et s'assit impassible, demeurant muet au milieu des injures des Mohicans. Uncas lui offrait la vie, s'il voulait l'implorer; mais le petit neveu de Tashtassack avait trop de fierté pour s'abaisser devant son vainqueur, qui l'épargna pour le moment, et l'emmena en triomphe. Dans cette extrémité, le célèbre Samuel Gorton, qui avait obtenu de Cananacus de vastes domaines, somma le Mohican de lui remettre son prisonnier sous peine de s'attirer la haine des Anglais. Ce fut peut-être ce qui pressa la mort de Miantonimo. Son astucieux rival saisit l'expédient de le livrer aux autorités, qui se déclarèrent incompétentes. Mais le captif, pour son malheur, voulut se soumettre de lui-même à l'arbitrage des colons, et se confier à leur générosité. Les colonies nommèrent des commissaires, qui eurent bientôt décidé qu'il était prouvé que le Sachem Narraghansett avait attenté à la vie d'Uncas par assassins, poison et sorcellerie; qu'il avait formé une ligue générale contre les colonies, et engagé les Mohacks à combattre sous ses ordres. «Ces choses dûment examinées, disent-ils, la vie d'Uncas ne peut-être en sûreté tant que Miantonimo sera en vie. Il peut justement mettre à mort sur son territoire un ennemi si faux et si sanguinaire.»