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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE (continued 2)

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Cependant M. de Callières, apprenant de M. Villedonné, que La Chaudière-Noire avait caché au Long-Sault une grande quantité de pelleteries, ordonna à M. de Vaudreuil d'aller à la recherche avec la petite armés, à laquelle se joignirent cent vingt sauvages. La diligence fut si grande que l'on atteignit l'ennemi au-dessus même du Long-Sault. Dix Iroquois tombèrent à la première décharge, et dix-neuf captifs furent délivrés; une centaine de guerriers restant semblaient devoir succomber et se rendre, mais l'Annibal iroquois se tira de ce mauvais pas, je ne sais par quel expédient, car il n'avait pas ces taureaux qui, la tête enflammée, semèrent l'épouvante parmi les Romains. Il se fraya un passage avec cent vingt guerriers à travers trois cents hommes. La Chaudière-Noire n'était point défait. M. de Lusignan se laissa battre, M. de Monclérie retraita, et il fut défendu à tous les habitans de s'éloigner des habitations. M. de Frontenac rappela Scipion: pour éloigner son vainqueur, il s'avança dans le pays des Iroquois 102. Les Oneidé demandèrent la paix, mais ceux d'Onnondagué, guidés par leur redouté sachem, suspendirent à un arbre deux paquets de joncs. Il y en avait mille quatre cents, ce qui voulait dire qu'autant de guerriers attendaient les Français 103. Le Comte avança, et La Chaudière-Noire alla se poster dans les bois. On ne trouva dans le Canton qu'un vieillard qui attendait et qui reçut la mort avec la même tranquillité que ces anciens sénateurs romains au sac de Rome par Brennus, roi des Gaulois, et les bandes auxiliaires de Jughaine le Grand, son gendre, roi d'Irlande et d'Albany 104. Le comte ne voulut pas aller plus loin: il ordonna la retraite. Je termine par ce que l'Anglo-américain Thatcher dit de mon héros.

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