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Biographie des Sagamos illustres de l'Amérique Septentrionale (1848)

Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE (continued 2)

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Au mois de juin, 1675, il pénétra dans la petite ville de Swanzey, détruisant les bestiaux, brûlant les maisons, et massacrant une partie des habitans. Les milices de la colonie marchèrent dans toutes les directions, et furent jointes par un détachement de celles du Massachusetts. Les sauvages retraitèrent, brûlant sur leur route les maisons et les blés, et fixant au haut de perches les mains et les têtes de ceux qu'ils avaient tués. Tout le pays fut en alarme, et l'armée coloniale mise sur un pied formidable. Ce grand développement de forces induisit Philippe à abandonner son quartier-général de Montaup: il alla camper près d'un marais, à Pocasset, maintenant Tiverton. Les Anglais s'étant assemblés une première fois, vinrent l'attaquer, et furent vaincus, avec perte de cent vingt hommes tués ou blessés. Ce combat du reste peu sanglant, fut décisif au-delà de ce que Philippe aurait pu l'espérer; car malgré la coopération du New-Hampshire et de plusieurs autres colonies, les affaires de la Nouvelle-Angleterre se trouvèrent bientôt dans le plus déplorable état. Dans ces tems-là, la plupart des établissemens étaient environnés de forêts, et les sauvages vivaient avec les colons. Les premiers connaissaient les habitations, les chemins et les lieux de refuge des derniers. Ils épiaient leurs mouvemens, et tombaient sur eux au moment où ils s'y attendaient le moins. Les une tombaient le matin en ouvrant leurs portes, les autres en travaillant dans les champs ou en visitant leurs voisins. En tout temps, en tout lieu et dans tout emploi, la vie des colons était en danger, et pas un n'était assuré de n'être point massacré le jour, dans son grenier, au bois ou sur la route. Lorsque l'ennemi s'assemblait en force, on envoyait des détachemens à sa rencontre; s'ils étaient moins nombreux, ils retraitaient, ou l'attaquaient s'ils étaient en plus grand nombre, et ne le battaient pas toujours. Des villages étaient soudainement investis, les maisons brulées, et les hommes, les femmes et les enfans tués ou traînés en captivité. Les colonies perdant de jour en jour leurs défenseurs, des familles et des plantations appréhendèrent une prochaine destruction. Un grand effort seul pouvait prévenir ce malheur, et on le fit. Des délégués de toutes les colonies se rencontrèrent, et il fut résolu qu'un corps considérable attaquerait la principale position de l'ennemi, tandis que de moindres détachemens dirigeraient leur course vers d'autres points. Josiah Winslow, Gouverneur de Plymouth, fut nommé généralissime, et une fête solennelle fut célébrée par toute L Nouvelle-Angleterre, pour invoquer l'aide du Tout-Puissant. Le 18 Décembre, les différens corps firent leur jonction sur le territoire des Narraghansett, à quinze milles du camp de Philippe. Quoique le temps fût très froid, les soldats furent obligés de passer la nuit à découvert. Au point du jour, ils commencèrent leur marche à travers de grands amas de neige, et le 19, à une heure, ils arrivèrent devant la position des sauvages. Philippe avait établi son camp au milieu d'un marais, sur un terrain un peu élevé, et l'avait entouré d'un rang de palissades, soutenu en dehors par un fort retranchement de broussailles. Là fut livré le combat le plus terrible et le plus acharné 90 dont fassent mention les annales de la Nouvelle-Angleterre. On se battit durant trois heures, et les Anglais remportèrent une victoire complète. Philippe s'y surpassa, et ne céda le champ de bataille qu'après avoir vu tomber mille des ses guerriers tués sur la place, et six cents hommes, femmes et enfans au pouvoir du vainqueur. Tranquille au milieu du désordre, il ramassa ses débris, et opéra sa retraite à travers les Anglais mêmes, qui, effrayés de son audace et de leurs propres pertes, n'osèrent le poursuivre. Six capitaines fesant l'office d'officiers-généraux, et quatre-vingts soldats demeurèrent sur place avec les vaincus; et cent soixante furent blessés plus ou moins grièvement. Les sauvages ligués ne se relevèrent point de ce désastre, mais ils demeurèrent néanmoins assez forts pour harasser les colonies par des courses continuelles. Les colons entretinrent des partis sur presque tous les principaux points de leurs territoires, et la plupart furent victorieux. Le capitaine Church, de Plymouth, et le capitaine Dennison, de Connecticut, remportèrent surtout de signalées victoires.

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