Note 8 — VI Capitan Tiago
Henri Lucas translation
Qu’il fût en paix avec le gouvernement, pour difficile que la chose paraisse, on n’en doit pas douter. Incapable d’imaginer une pensée nouvelle et content de sa situation, il était toujours disposé à obéir au dernier des fonctionnaires, à offrir des jambons, des chapons, des dindons et des fruits de Chine en toute saison. S’il entendait médire des indigènes, lui qui ne se considérait pas comme tel, il faisait chœur et disait pire; si l’on critiquait les métis sangleyes8 ou espagnols, il les critiquait aussi parce qu’il se croyait déjà un pur Ibère. Il était toujours le premier à applaudir toute imposition nouvelle, surtout lorsqu’il flairait qu’elle devait être suivie d’un contrat avantageux pour lui. Il avait toujours des orchestres à sa disposition pour féliciter et aubader toutes sortes de gouverneurs, alcaldes, procureurs, etc., etc., aux jours de fêtes, d’anniversaires, pour la naissance ou la mort d’un parent, à quelque occasion que ce fût qui rompît la monotonie habituelle de l’existence. Il commandait alors des vers louangeurs, des hymnes dans lesquels on célébrait le suave et aimable gouverneur, le vaillant et intrépide alcalde qu’attend dans le ciel la palme des justes ou la palmeta9—et beaucoup d’autres compliments encore plus flatteurs.