Note 1 — VI Capitan Tiago
Henri Lucas translation
Petit de taille, le teint moins foncé que celui de la généralité de ses compatriotes, de figure ronde et de corpulence satisfaisante, grâce à un embonpoint qui lui venait du ciel selon ses amis, du sang des pauvres au dire de ses détracteurs, Capitan Tiago semblait plus jeune que son âge. A l’époque où se passaient les faits que nous racontons, l’expression de son visage était toujours celle d’un homme parfaitement heureux. Son crâne arrondi, très petit, couvert de cheveux noirs comme l’ébène, allongé par devant, très court par derrière contenait beaucoup de choses, du moins le disait-on. Ses yeux petits, mais non obliques comme ceux des Chinois, conservaient toujours la même expression; le nez était fin et droit et, si sa bouche n’avait pas été déformée par l’abus du tabac et du buyo, dont le sapa1 en se réunissant sur une joue déformait la symétrie de ses traits, nous dirions qu’il ne se trompait pas en se croyant et en se faisant passer pour un bel homme. Mais, en dépit de cet abus, il conservait toujours ses dents parfaitement blanches, aussi bien les siennes propres que celles que lui fournissait un dentiste à raison de douze douros la pièce.