Note 4 — XXIX La matinée
Henri Lucas translation
A huit heures et demie la procession sortit à l’ombre de la tenture de cotonnade. C’était exactement celle de la veille avec, en plus, comme nouveauté, la Confrérie du Vénérable Tiers Ordre. Des vieux, des vieilles et quelques jeunes femmes à démarche de vieilles, se montraient en longs habits de guingon; les pauvres les portaient en toile, les riches en soie ou même en véritable guingon franciscain; ils les choisissaient parmi ceux qu’avaient le plus usés les Révérends Moines Franciscains. Tous ces habits sacrés étaient authentiques; ils venaient du couvent de Manille où le peuple les acquiert par charité, en échange d’un prix fixe4, s’il est permis d’employer ici le langage des boutiques. Ce prix fixe peut augmenter mais ne peut jamais diminuer. Ce même couvent et celui de Santa Clara vendent aussi d’autres habits qui possèdent, en plus de la grâce toute spéciale de procurer beaucoup d’indulgences aux morts qu’on y ensevelit, la grâce plus spéciale encore de coûter d’autant plus cher qu’ils sont plus vieux, plus râpés, plus hors d’usage. Nous écrivons ceci pour renseigner les lecteurs pieux qui voudraient faire usage de ces reliques sacrées et aussi pour apprendre à quelque gueux de drapier courant après la fortune, qu’en envoyant aux Philippines un chargement d’habits mal cousus et crasseux, ils s’y vendront encore seize pesos, et même plus, selon qu’ils paraîtront plus ou moins en guenilles.