Note 3 — XXIX La matinée
Henri Lucas translation
Le confiant correspondant se vit néanmoins obligé de biffer une grande partie de ce qu’il avait écrit. Le P. Dámaso se plaignait d’un léger rhume qui l’avait pris la nuit précédente; après avoir chanté quelques joyeuses peteneras3, il avait mangé trois sorbets et assisté un moment au spectacle. Aussi voulait-il renoncer à être l’interprète de Dieu auprès des hommes; mais, comme il ne se trouva pas d’autre prêtre qui connût la vie et les miracles de saint Diego—le curé les savait, lui, mais officiant il ne pouvait prêcher—les autres religieux furent unanimes à trouver que le timbre de la voix du P. Dámaso était parfait et que ce serait un grand malheur si un sermon aussi éloquent que celui qu’il avait composé et appris ne devait pas être prononcé. La vieille gouvernante lui prépara donc des limonades, lui oignit le cou et la poitrine d’onguents et d’huiles, l’enroula dans des draps chauds, le massa, etc. Le P. Dámaso avala des œufs crus battus dans du vin, puis il ne mangea ni ne parla de la matinée; à peine prit-il un verre de lait, une tasse de chocolat et une petite douzaine de biscuits, renonçant héroïquement à son poulet frit et à son demi fromage de la Laguna ordinaires, parce que, selon la gouvernante, le poulet et le fromage ont du sel et de la graisse et peuvent provoquer la toux.