← Table of contents
Au Hoggar

Note 74 — SECONDE PARTIE (continued 2)

Reading edition

Je n’ai pas la place de traiter dans cet ouvrage du rendement et de l’avenir possible de l’Ahaggar. On peut dire pour être bref qu’au point de vue commercial et du développement économique de ce pays la question qui se pose n’est pas de savoir ce que l’on pourrait vendre aux Touareg, car ils sont extrêmement avides de tout, mais bien au contraire de savoir ce qu’on pourrait leur acheter pour qu’ils aient de l’argent à dépenser à des achats auxquels ils ne demandent qu’à se livrer.

Mais pourquoi ne laisserait-on pas ce peuple charmant de chevaliers et de pasteurs, d’amoureux et de poètes, continuer de constituer dans le monde un merveilleux anachronisme.

Si l’on arrivait à développer considérablement des cultures diverses pour que l’Ahaggar produise céréales et fruits secs (raisins, figues, etc.), et si l’on arrivait à créer des industries diverses de cuirs, de conserves de viandes ; si l’on parvenait à exploiter des mines variées (fer, or, etc.) et à capter l’énergie immense des vents sahariens (turbines à vent, etc.) ou celle du soleil, ne serait-ce point en fixant ce peuple délicieusement nomade, en lui enlevant de son splendide isolement, en supprimant son beau désordre et en l’affublant des pitoyables attributs de notre civilisation ?! et il faudrait sans doute dire adieu aux « gestes » de ces derniers chevaliers, aux libres « meharées », aux mélodies des « imzaden », aux tendres « Ahals » près des tentes et aux poèmes du rythme « ilâner-ialla ! »...

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings